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La Fonction publique attend son secrétariat d’État

19 juin 2017, PAR Bastien Scordia

Jacques WITT/SIPA

Alors qu’un remaniement “technique” du gouvernement doit avoir lieu dans les prochains jours, la création d’un secrétariat d’État dédié à la Fonction publique auprès du ministre Gérald Darmanin reste très attendue. 


Le remaniement gouvernemental technique attendu dans les prochains jours accouchera-t-il d’un secrétariat d’État dédié à la fonction publique ? La question taraude les esprits, mais le petit monde de la fonction publique semble unanime sur sa nécessité : les quelque 5,6 millions de fonctionnaires doivent, de l’avis général, bénéficier d’un interlocuteur à part entière en plus du ministre de l’Action et des Comptes publics, Gérald Darmanin. Aujourd’hui, le ministre chapeaute à la fois le budget de la nation, la réforme de l’État et les ressources humaines dans le secteur public.

On s’en souvient, la disparition de la “Fonction publique” des intitulés ministériels lors de la nomination du gouvernement d’Édouard Philippe, le 17 mai, et son arrimage à Bercy avaient suscité une vive émotion. Les syndicats de fonctionnaires s’en étaient étonnés et craignaient que la fonction publique ne soit uniquement abordée sous le prisme budgétaire. Le maire UDI de Sceaux et président du Conseil supérieur de la fonction publique territoriale (CSFPT), Philippe Laurent, qualifiait cette suppression d’“erreur” et l’ancienne ministre de la Fonction publique, de la Décentralisation et de la Réforme de l’État de François Hollande, Marylise Lebranchu, parlait d’un “signe négatif adressé (aux) fonctionnaires”. “La fonction publique devient une variable d’ajustement avec ce gouvernement”, affirmait-elle dans nos colonnes [cliquez ici pour consulter son interview].

En 2007, sous la Présidence Sarkozy, lorsque la Fonction publique avait été arrimée à Bercy au sein du ministère Budget, des Comptes publics et de la Fonction publique dirigé par Éric Woerth, un secrétariat d’État dédié à la Fonction publique avait été créé au lendemain des législatives et confié au centriste André Santini.

Besoins identifiés

La création d’un portefeuille spécifique paraît d’autant plus utile que le président de la République, Emmanuel Macron, avait promis, lors de sa campagne électorale, de bousculer la fonction publique et de mettre en place de nombreuses mesures pour les agents du secteur public, et notamment une vaste politique de déconcentration RH. Qu’il s’agisse de la suppression de 120 000 postes de fonctionnaires ou du rétablissement du jour de carence, les priorités affichées par le chef d’État ont déjà été relayées aux organisations syndicales par le ministre Darmanin lors de réunions bilatérales à la fin du mois de mai.

Mais ce dernier aura-t-il la capacité et le temps de porter ces dossiers devant les instances de dialogue social du secteur public, mais aussi de poursuivre ceux du précédent quinquennat, tel le complexe protocole PPCR* ? Dans les prochaines semaines, son programme promet déjà d’être bien chargé en matière de finances publiques. La Cour des comptes doit, en effet, remettre début juillet son audit du budget de l’État, qui dira si oui ou non le déficit public dépassera les 3 % du PIB. Des mesures d’économies pourraient même être dévoilées par le gouvernement au lendemain de la présentation du rapport des sages de la Rue Cambon. Viendra ensuite la longue et fastidieuse préparation du projet de loi de finances pour 2018 et le texte de loi sur le droit à l’erreur… Pas beaucoup de place pour “caser” la fonction publique, donc.

* Protocole sur les parcours professionnels, les carrières et les rémunérations.