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Le Président brésilien mis en cause formellement pour corruption

28 juin 2017, PAR Acteurs Publics
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© Broadimage/Shutterstock/SIPA

Premier Président brésilien de l’Histoire à faire face à ce type de procédure, Michel Temer sera inculpé si cette mise en accusation est approuvée par les deux tiers du Parlement.


Une tempête polico-judiciaire s’abat de nouveau sur le Brésil moins d’un an après la destitution de la Présidente Dilma Rousseff. Son successeur, le Président Michel Temer, a qualifié mardi 27 juin de “fiction” les accusations de corruption dont il fait l’objet, critiquant l’absence de “preuves concrètes”. Il s’agissait de la première réaction officielle du chef de l’État à sa mise en accusation formelle, quelques heures plus tôt, par le procureur-général Rodrigo Janot.

Michel Temer est en pleine tourmente depuis la révélation à la mi-mai d’un enregistrement sonore dans lequel il semble donner son accord pour acheter le silence d’un député aujourd’hui en prison. “Il s’agit d’une attaque injurieuse et infamante à ma dignité personnelle”, s’est indigné le chef d’État, entouré de nombreux ministres et parlementaires le soutenant.

Selon l’acte d’accusation du procureur-général, il lui est reproché de s’être “prévalu de sa condition de chef d’État” pour recevoir l’équivalent de 132 000 euros de pots-de-vin de la part du géant de la viande JBS, impliqué dans le gigantesque scandale de corruption qui touche le Brésil.

Entrave à la justice

Le procureur-général du Brésil, Rodrigo Janot, a présenté mardi 27 juin au Tribunal suprême brésilien (STF) une demande de mise en accusation formelle contre le Président Temer pour corruption passive, une procédure inédite qui pourrait le forcer à quitter le pouvoir.

Pour que le président soit inculpé et traduit devant le STF, qui a rendu publique cette demande, la mise en accusation doit être approuvée par les deux tiers des députés, auquel cas il sera écarté de ses fonctions pour une durée pouvant s’étendre à 180 jours. En plus des soupçons de corruption, l’enquête dont il fait l’objet porte aussi sur des accusations d’entrave à la justice et d’association de malfaiteurs. 

Si Michel Temer venait à quitter son poste, il s’agirait du deuxième changement brutal à la tête de l’État en un an, après la destitution controversée, en août 2016, de Dilma Rousseff. 

(avec AFP)