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Le gouvernement espagnol bloque le passage aux 35 heures pour les fonctionnaires andalous

20 juil. 2017, PAR Acteurs Publics
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Le Premier ministre espagnol, Mariano Rajoy (à droite), au côté de la présidente de la région autonome d’Andalousie, Susana Diaz, à Séville le 21 avril 2017 (à gauche, le délégué du gouvernement, Antonio Sanz). - © Kiko Huesca/SIPA

Le Premier ministre espagnol a contesté un décret de l’autorité andalouse, signé en janvier dernier, qui abaissait de 37,5 heures à 35 heures le temps de travail hebdomadaire de ses 270 000 fonctionnaires. Deux autres régions qui avaient décidé de baisser les horaires de leurs employés en 2016 ont déjà été déboutées devant le Tribunal constitutionnel espagnol. 


Mariano Rajoy a tranché. Le 14 juillet, le chef du gouvernement espagnol a décidé de contester devant le Tribunal constitutionnel le décret de la junte d’Andalousie (junta, le gouvernement de la région autonome) passant le temps de travail hebdomadaire de ses fonctionnaires de 37,5 heures à 35 heures. Cette décision paralyse, de fait, l’application du décret signé, en janvier dernier, après un accord obtenu entre le gouvernement andalou et les trois principaux syndicats espagnols, qui avait réduit les horaires de 270 000 employés des services publics.

Le gouvernement de Mariano Rajoy justifie cette décision en disant qu’il “n’est pas cohérent” que les horaires quotidiens des fonctionnaires varient en fonction de la communauté où ils travaillent. La semaine de 37,5 heures a été mise en place par le gouvernement Rajoy en 2012 pour combattre la crise économique, et rendue obligatoire pour les 17 régions autonomes du pays.  

Deux autres régions, le Pays basque et la Castille-la-Manche, avaient essayé, l’an dernier, de passer aux 35 heures hebdomadaires pour leurs fonctionnaires. Mais le Tribunal constitutionnel avait cassé les décrets pour les deux régions en septembre 2016.

7 000 emplois menacés

Le gouvernement considère que le budget de l’État, qui a fixé les heures de travail des administrations publiques à 37,5 heures, et le décret royal de rationalisation des dépenses publiques en matière d’éducation sont violés. Son porte-parole a ajouté que l’on ne peut “rompre cette marque commune” avec le reste de l’Espagne mais que le dialogue du gouvernement avec la junte andalouse “reste ouvert” pour “trouver des accords”.

La décision du gouvernement central menace les 7 000 nouveaux emplois qui avaient été créés par l’autorité andalouse à la suite du passage aux 35 heures. La présidente de la junte, Susana Diaz, a qualifié cette décision de “coup de hache contre les droits des travailleurs et la création d’emplois” et les syndicats ont accusé le gouvernement d’adopter une mesure réactionnaire et ont annoncé des mobilisations. La décision du Tribunal constitutionnel est attendue d’ici quelques mois. 

Jean-Bernard Gallois