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L’État cherche la bonne entente avec les opérateurs sur le haut débit

21 juil. 2017, PAR Soazig Le Nevé
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SALOM-GOMIS SEBASTIEN/SIPA

Alors qu’Emmanuel Macron s’est engagé à ce que le territoire entier bénéficie du haut et très haut débit d’ici fin 2020, le directeur de l’Agence du numérique, Antoine Darodes, a détaillé sa stratégie devant des sénateurs.


Vœu pieux ou piste véritable ? Le gouvernement veut conclure une “sorte de contrat” avec les opérateurs de télécommunications pour garantir un “bon haut débit” à tous les Français fin 2020, a indiqué le président de l’Agence du numérique, Antoine Darodes, le 19 juillet, devant la commission de l’aménagement du territoire du Sénat.

Le Président, Emmanuel Macron, a en effet promis à l’occasion de la Conférence nationale des territoires, une couverture de la France entière “en haut et très haut débit” d’ici “à la fin de l’année 2020”, alors que le plan France Très Haut Débit projetait cet objectif d’ici 2022.

Objectif intermédiaire

Il s’agit d’“un objectif intermédiaire de bon haut débit”, a expliqué Antoine Darodes. Ce nouvel objectif ne remet pas en cause le plan gouvernemental visant à assurer du très haut débit à tous en 2022, mais doit permettre aux habitants des zones peu denses d’avoir un accès satisfaisant à Internet en attendant.

Quelque 5 millions de foyers français disposent actuellement d’une vitesse de connexion inférieure à 8 mégabits par seconde (Mbits/s), ce qui est “considérable”, a relevé Antoine Darodes. Ces Français sont ainsi privés d’un “bon haut débit”, le très haut débit démarrant, lui, à 30 Mbits/s.

“Carotte”

“Il va falloir mobiliser toutes les solutions technologiques”, a poursuivi Antoine Darodes, citant une meilleure mobilisation du réseau classique en cuivre, l’utilisation du satellite, les boucles locales radio, la 4G, “et puis, pourquoi pas, d’autres solutions”.

Pour y parvenir, le directeur de l’Agence du numérique espère nouer “une sorte de contrat” avec les opérateurs, qui “sont des organismes généralement rationnels, voire pavloviens parfois”, a-t-il relevé. Il serait ainsi “relativement simple”, selon lui, d’arriver à un accord à condition qu’ils signalent “à quelle carotte ils sont prêts à répondre”…

De fait, “il faut que l’État mette sur la table un certain nombre de contreparties”, a confirmé Didier Casas, le secrétaire général de Bouygues Telecom, qui fut l’un des plus proches conseillers d’Emmanuel Macron durant sa campagne électorale, également présent au Sénat.

Récriminations sur la fiscalité

S’ils sont d’accord sur les principes, les opérateurs voient trois “leviers” sur lesquels agir, a-t-il résumé : la durée des licences d’utilisation des fréquences, le prix des redevances et la fiscalité. Didier Casas a pointé en particulier l’Ifer Antenne – une taxe sur les antennes-relais – qui est, selon lui, “la plus idiote des fiscalités”, parce que “plus nous déployons, plus nous payons”.

Autres récriminations : la “taxe télécoms” instituée au profit de l’audiovisuel public, ou encore les délais nécessaires pour obtenir les autorisations de construire les infrastructures.

Un plan à 30 milliards d’euros
Le Plan France Très Haut Débit, lancé en 2013, doit coûter une vingtaine de milliards d’euros pour les infrastructures, auxquels doivent s’ajouter une dizaine de milliards pour la connexion finale aux logements. Le programme gouvernemental prévoit de porter le très haut débit dans tous les foyers français d’ici 2022. Le cap des 50 % a été franchi fin 2016, avec un an d’avance sur le calendrier, mais les zones les moins denses sont évidemment les plus dures à couvrir. Et si la fibre optique doit être déployée pour desservir 80 % des abonnés, elle ne concernera que 47 % des foyers des zones rurales, où ce sont les collectivités locales qui ont pris les choses en main.

(avec AFP)