Quantcast

Les chantiers qui attendent le nouveau patron de la police nationale

29 août 2017, PAR Bastien Scordia
  • 03
    MIN
  • 0

ZIHNIOGLU KAMIL/SIPA

Police de proximité, coopération entre les services de renseignement et réformes structurelles pour dégager des marges de manœuvre : le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, a précisé les priorités du nouveau directeur général de la police nationale, Éric Morvan, lors de l’installation de ce dernier, lundi 28 août.


Le nouveau directeur général de la police nationale (DGPN), Éric Morvan, connaît désormais sa feuille de route. Lors de son installation à ce poste, lundi 28 août, le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, a rappelé les “priorités” qui l’attendent place Beauvau, au nombre desquelles la mise en place de la police de proximité.

Promesse de campagne du candidat Emmanuel Macron, cette police de proximité – renommée “police de sécurité du quotidien” – verra le jour “début 2018” au travers de “premières expérimentations”, précise le ministère dans un communiqué. La police de proximité avait été mise en place par le gouvernement Jospin, avant d’être supprimée par Nicolas Sarkozy.

Il s’agit de “répondre de manière plus efficace à l’ensemble des préoccupations de nos concitoyens par tous les moyens (contact, intervention, police judiciaire…)”, a affirmé Gérard Collomb à l’occasion de l’installation du nouveau patron de la police nationale. Néanmoins, le ministre de l’Intérieur n’a donné aucune précision sur le budget et les effectifs qui seront dévolus à cette police de proximité, accueillie pour l’instant avec un certain scepticisme.

Coopération des services de renseignement

Nommé au poste de DGPN début août, Éric Morvan, ancien directeur de cabinet adjoint du ministre Bernard Cazeneuve, devra également œuvrer, dans le cadre de la lutte antiterroriste, à la “recherche d’une coopération sans cesse accrue entre services de renseignement”. Depuis plusieurs mois, le président de la République et le gouvernement ne cessent d’afficher leur volonté de “faire se parler” les services de renseignement entre eux. Et ce afin d’éviter des “couacs” de communication entre les services.

Preuve en est la création, au mois de juin dernier, du Centre national du contre-terrorisme, véritable task force placée auprès du président de la République, chargé d’“accroître l’efficacité de la protection contre la menace terroriste […] en assurant une coordination plus forte et un pilotage renforcé des services engagés” [cliquez ici pour consulter notre article sur le sujet].

Réformes de structures

Autre chantier de taille pour le nouveau DGPN : la mise en œuvre de réformes de structure au sein de la police nationale. Compte tenu des “problématiques financières et opérationnelles”, ces réformes sont “indispensables pour dégager des marges pour investir”, a souligné Gérard Collomb. Le tout “en complément des efforts budgétaires qui consacrent la priorité gouvernementale pour les questions de sécurité”, a-t-il ajouté.

Pour réduire les dépenses publiques, le ministre de l’Action et des Comptes publics, Gérald Darmanin, avait annoncé devant les députés, au mois de juillet, que le ministère de l’Intérieur devait économiser 526 millions d’euros en 2017. Difficile encore de connaître la hauteur de ce montant pour l’année prochaine. Au sortir du séminaire gouvernemental, lundi 28 août, le Premier ministre, Édouard Philippe, a seulement indiqué que la sécurité ferait partie des domaines privilégiés dans la prochaine loi de finances. Le budget 2018 sera officiellement présenté le 27 septembre.