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Déjà deux prétendants pour remplacer Philippe Richert à la tête de Régions de France

4 oct. 2017, PAR Bruno Botella
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Conférence de presse des présidents de régions lors de leur congrès annuel, le 28 septembre 2017 à Orléans. - © Vincent Loison/SIPA

Renaud Muselier, président de la région Paca, et Hervé Morin, président de la région Normandie, confirment à Acteurs publics leur intérêt pour l’association. Chacun va jauger ses soutiens avant de se lancer. La succession de Philippe Richert s’ouvre dans un climat tendu entre les régions et le gouvernement.


Qui succédera à Philippe Richert à la présidence de Régions de France ? Quatre jours à peine après l’annonce officielle de la démission du président de la région Grand Est et de l’association qui regroupe les 12 régions métropolitaines, la collectivité territoriale de Corse et 5 collectivités d’outre-mer, deux personnalités avancent leurs pions : Renaud Muselier et Hervé Morin.

Le président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur (Paca) est parti le premier dans la course. “Philippe Richert m’a demandé si cela m’intéresserait. À partir de là, dans la mesure où j’ai le soutien de ma famille politique, oui, c’est une mission qui m’intéresse”, affirme sans détours à Acteurs publics celui qui a succédé à Christian Estrosi le 29 mai à la tête du conseil régional de Paca.

Renaud Muselier a vite compris qu’il avait toutes ses chances, compte tenu de l’équilibre des forces politiques au sein de Régions de France, où la droite et le centre sont majoritaires depuis les élections de 2016 (8 LR, 1 UDI, 5 PS, 2 divers gauche, plus la Corse présidée par un autonomiste et la Martinique, par un indépendantiste).

Front commun avec l’AMF et l’ADF

Chiraquien, peu clivant, ancien député et ex-ministre, Renaud Muselier, qui a longtemps eu à Marseille l’image d’un jeune loup, entend jouer, à 58 ans, les vieux sages, alors que les régions sont en froid avec le gouvernement. Il joue à fond la carte du provincial, “pas candidat à une mission à Paris, disponible, avec une capacité de combat”. Le député européen appelle à fédérer les régions pour continuer la décentralisation face à un État “recentralisateur et dominateur”. Élu à la tête de Régions de France, le président de Paca ferait évidemment front avec les autres associations d’élus locaux pilotées par la droite, l’Association des maires de France, présidée par François Baroin (LR), et l’Assemblée des départements de France, présidée par Dominique Bussereau (LR).

Hélas pour Renaud Muselier, qui assure avoir déjà les soutiens de Valérie Pécresse (LR – Île-de-France), Xavier Bertrand (LR – Hauts-de-France), Laurent Wauquiez (LR – Auvergne-Rhône-Alpes) et Didier Robert (LR – La Réunion), le centriste Hervé Morin a décidé, lui aussi, de se lancer dans la course.

Nouvelle gouvernance État-régions

Interrogé par Acteurs publics, ce dernier affirme avoir lui aussi des soutiens LR, qui l’auraient poussé à briguer la présidence de l’association. L’ancien ministre de la Défense a pour lui trois atouts : avoir été élu sur son nom en 2016, ne pas cumuler son mandat avec celui de député européen et avoir plus d’expérience que son rival à la tête d’une région. Hervé Morin insiste sur “la nécessité pour les régions de proposer un vrai schéma de gouvernance avec l’État”. Dans le climat de rupture actuel entre les régions et le gouvernement, Hervé Morin assure “continuer à discuter avec l’État”, ajoutant que “l’État aujourd’hui ne peut pas faire grand-chose sans les régions”.

Dans la bataille des soutiens qui vont se jouer en coulisse, Renaud Muselier espère aussi obtenir quelques appuis à gauche, lui qui, avec Christian Estrosi en leader, avait battu le Front national en Paca en 2016, suite au retrait du Parti socialiste, mené alors par Christophe Castaner, devenu depuis ministre d’Emmanuel Macron. À l’époque, Hervé Morin avait gagné la région Normandie dans un tout autre contexte, d’une courte tête, au terme d’un classique et âpre affrontement droite-gauche.

Un seul candidat ?

Cette succession de Philippe Richert aurait pu être pliée en quelques jours si 2 régions n’avaient pas à élire un nouveau président d’ici la fin du mois d’octobre : le Grand Est (le maire LR de Mulhouse, Jean Rottner, devrait être élu) et les Pays de la Loire, suite à la démission de Bruno Retailleau. Ce n’est qu’une fois ces renouvellements effectués que le bureau de Régions de France pourra se réunir au complet pour élire son président.

Ce qui laisse au moins un mois à Renaud Muselier et Hervé Morin pour compter leurs soutiens et décider d’aller ou non jusqu’au bout. Depuis sa création en 1998, l’association a toujours désigné son chef en évitant l’affrontement, préférant afficher l’unité autour d’une personnalité.