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Les inégalités se creusent entre les régions européennes

12 oct. 2017, PAR Acteurs Publics

La commissaire européenne à la Politique régionale, Corinna Cretu. - © SIPA

Dans son dernier rapport de cohésion, le Comité européen des régions montre que la crise semble avoir accru les différences économiques entre les régions. À l’heure où la Commission se demande s’il faut allouer les fonds de cohésion aux régions les plus pauvres à partir de 2020, Ce rapport nourrit le débat.

 


La semaine du 9 au 12 octobre 2017, consacrée aux villes et aux régions européennes, a réuni quelque 5 700 administrateurs locaux, gestionnaires de fonds européens et experts en matière de politique régionale. C’est au cours de cette semaine que le Comité européen des régions a présenté son rapport de cohésion. Menée tous les trois ans, cette analyse économique, la septième du genre, a donné des indications sur l’impact à long terme de la crise qui a débuté en 2008.

“Si la crise est terminée, elle a clairement laissé des traces dans de nombreuses régions”, a estimé la commissaire européenne à la Politique régionale, Corinna Cretu, qui a présenté les résultats de l’enquête le 9 octobre.

Impact du Brexit

Objectif de l’Union européenne depuis les années 1970, la réduction des disparités économiques est devenue primordiale lors de l’adhésion de 10 anciens États communistes en 2004 et 2007.  Dix ans plus tard, les régions de l’Est européen connaissent une croissance plus régulière, avec un PIB par habitant en augmentation entre 2008 et 2015, tandis que celui-ci a chuté dans presque toutes les régions du Sud de l’Europe.

Au vu du manque d’investissement durant toutes les années de crise – voire d’austérité pour la Grèce, le Portugal, l’Italie ou encore l’Espagne –, les fonds de cohésion sont devenus essentiels au développement des régions. Le montant de la politique de cohésion s’élève à plus de 351 milliards d’euros pour la période 2014-2020, soit le tiers du budget total européen. Le nouveau président du Comité européen des régions, Karl-Heinz Lambertz, a prévenu que cet outil d’investissement devait rester un pilier de l’Union européenne et ne pas être mis en danger par l’impact financier du Brexit ou par la nécessité de financer de nouvelles politiques.

Or, selon les estimations, la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, qui sera effective en mars 2019, risque d’amputer le budget européen de 10 milliards d’euros par an. Et ce sont principalement les fonds de cohésion qui pourraient en pâtir. La Commission européenne a présenté un livre blanc en mars dernier, où l’un des 5 scénarios souhaités par les États à l’horizon 2025 coupe largement dans les politiques régionales.

“Alliance pour la cohésion”

Certes, ce ne sont pour l’heure que des scénarios, mais c’est à partir de ceux-ci que la Commission européenne prépare une proposition de budget pour mai 2018. Une question essentielle y est posée : les fonds de cohésion devraient-ils se concentrer uniquement sur les régions les moins développées ? Pour Karl-Heinz Lambertz, cette idée est opposée à l’esprit même de la politique de cohésion telle qu’elle est développée depuis quarante ans. “La politique de cohésion doit pouvoir impliquer tout le monde, chacun à son niveau”, a-t-il affirmé.

Afin de peser sur les décisions futures de l’exécutif européen, le Comité des régions et d’autres assemblées et conseils regroupant les collectivités locales viennent de former l’“Alliance pour la cohésion”.

(avec AFP)