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Crise politique au Portugal après des feux de forêt meurtriers

18 oct. 2017, PAR Acteurs Publics
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Armando Franca/AP/SIPA

Mauvaise coordination des services d’urgence et d’incendie, manque de moyens, lignes téléphoniques en panne… La ministre portugaise de l’Intérieur a fini par démissionner après des feux de forêt qui ont causé une centaine de morts en quatre mois. 


La ministre de l’Intérieur portugaise, Constança Urbano de Sousa, a démissionné mercredi 18 octobre alors que le gouvernement affronte les critiques pour sa gestion des feux de forêt qui ont fait plus de 100 morts en quatre mois. Le Premier ministre, Antonio Costa, à la tête d’un gouvernement socialiste minoritaire soutenu au Parlement par la gauche radicale, a accepté sa démission, selon un communiqué de son cabinet.

Le petit parti de droite CDS-PP, qui a déposé une motion de défiance contre le gouvernement, demandait la démission de la ministre depuis lundi, quand le bilan des incendies qui ravageaient le pays depuis dimanche commençait à monter. Mais le Premier ministre avait résisté, déclarant que c’était “une attitude un peu infantile de croire que les conséquences politiques passent par la démission de ministres”

De gigantesques feux de forêt ont fait 41 morts dimanche et lundi, et 71 blessés, selon la protection civile. En juin déjà, 64 personnes avaient péri dans un énorme incendie près de Pedrogao Grande, dans le centre du pays. Cette saison des incendies est la plus meurtrière de l’histoire du Portugal.

Réformes profondes

Mardi soir, des centaines de personnes avaient bravé la pluie à Lisbonne pour manifester leur colère contre le gouvernement, aux cris de “honte !” ou encore “démission !” La manifestation avait été convoquée par un groupe de citoyens sur Facebook.

Le Premier ministre s’était engagé, lundi, à mener “des réformes profondes” en matière d’aménagement des forêts et de lutte contre les incendies. Le chef du gouvernement avait toutefois rappelé que le Portugal venait de connaître son été le plus sec depuis quatre-vingt-dix ans et payait le prix de décennies de négligence en matière de prévention des feux de forêt.

Un rapport sur les incendies de juin avait pointé du doigt les lenteurs des services d’urgence et la mauvaise coordination entre les services des pompiers, en plus de la panne du réseau de télécommunications utilisé par la protection civile. Par ailleurs, depuis quelques mois, l’État tente de réduire l’espace occupé par les eucalyptus, hautement inflammables. Le Portugal compte une surface de 800 000 hectares d’arbres exploités par l’industrie du papier.

(avec AFP)