Quantcast

Le roi du Maroc limoge 3 ministres suite aux troubles persistants dans le Rif

25 oct. 2017, PAR Acteurs Publics
  • 03
    MIN
  • 0

Manifestation le 20 juillet 2017 dans la ville d'Al-Hoceima (Nord du Maroc). - Therese Di Campo/AP/SIPA

Le palais royal a rendu public un audit de Cour des comptes qui montre le retard pris dans le programme de développement de la ville d'Al-Hoceima. D’autres anciens ministres sont également montrés du doigt. 


Mohammed VI tranche dans le vif et  montre ainsi qu’il suit de près la contestation qui agite le Rif, dans le Nord du royaume, depuis plusieurs mois. Le roi du Maroc a limogé mardi 24 octobre trois ministres « en raison du retard pris par le programme de développement » de la ville d'Al-Hoceima.

Un rapport d'audit avait été commandé à la Cour des comptes par le roi pour déterminer les raisons du retard dans le programme « Al-Hoceïma, phare de la Méditerranée » (2015-2019), doté d'une enveloppe de 600 millions d'euros. Remis mardi, ce rapport a démontré qu'il n'existait « ni malversations ni détournements », mais fait état de « dysfonctionnements » et de retards injustifiés, selon le cabinet royal. Par exemple, la commission centrale de suivi, composée des responsables gouvernementaux concernés, ne s’est réunie pour la première fois qu’en février 2017, soit 16 mois après la signature de la convention, souligne le communiqué du palais.

Ecartés de toute fonction officielle

« Il a été constaté un grand retard dans le lancement des projets, pis encore la majorité de ces projets n'avait même pas été lancée, avec l'absence d'initiatives de la part de certains intervenants », selon un communiqué du palais.
Les sanctions prises par le roi visent Mohamed Hassad, ministre de l'Education, qui était à l'époque de la signature de la convention de ce programme en octobre 2015 ministre de l'Intérieur, ainsi que les ministres de la Santé Houcine El Ouardi et de l'Habitat Nabil Benabdellah.

Larbi Bencheikh, secrétaire d'État chargé de la formation professionnelle, à l'époque directeur de l'OFPPT, un organisme public, et Ali Fassi Fihri, patron de l'Office national de l'électricité et de l'eau (ONEE), ont également été relevés de leurs fonctions.

Cinq autres anciens ministres se sont vus notifier la « non satisfaction » du roi, « pour n’avoir pas été à la hauteur de la confiance placée en eux par le souverain et pour n’avoir pas assumé leurs responsabilités ». « Plus aucune fonctions officielle ne leur sera confiée à l’avenir », souligne le communiqué. 

Procès à haut risque

Le monarque marocain a demandé au chef du gouvernement, l'islamiste Saadeddine El Othmani, de lui soumettre des propositions de noms pour remplacer les responsables limogés. En juin dernier, le roi Mohammed VI avait déjà tancé les ministres pour la « non exécution »  dans les délais impartis de différents chantiers prévus à Al-Hoceima, épicentre d'un mouvement de contestation réclamant le développement de cette région du nord du Maroc.

Ce mouvement, dit du "Hirak", né après la mort atroce d'un vendeur de poisson le 28 octobre 2016, a conduit à l'arrestation de 200 à 300 personnes en mai-juin, dont les meneurs. Le procès de son leader, Nasser Zefzafi qui encourt la peine capitale pour « atteinte à la sûreté intérieure de l'Etat », s'est ouvert mardi avant d'être renvoyé au 31 octobre à la demande de la défense. 

(avec AFP)