Quantcast

Les coupes budgétaires à l’école des directeurs d’hôpital passent mal

26 oct. 2017, PAR Pierre Laberrondo
  • 03
    MIN
  • 0

Un bâtiment de l’École des hautes études en santé publique (EHESP) à Rennes.

Les représentants des organisations syndicales d’employeurs et de salariés, des établissements publics de santé et des associations d’anciens élèves de l’École des hautes études en santé publique (EHESP) ont voté, lors d’un conseil d’administration de l’école, contre une nouvelle ponction supplémentaire d’1 million d’euros de la subvention versée par le ministère de la Santé à l’école.


Le coup de rabot passe mal. Onze des 33 membres conseil d’administration de l’École des hautes études en santé publique (EHESP) ont protesté, dans un communiqué publié le 26 octobre, contre la ponction d’1 million d’euros dans la subvention versée par le ministère des Solidarités et de la Santé à l’école. Cette ponction a été entérinée lors du conseil d’administration du 12 octobre. “Après sa réduction de 2,2 millions d’euros en 2016, une coupe de 0,5 million en avril 2017, 1 million supplémentaire a été raboté en juillet 2017 par l’État, dont le désengagement accru est déjà annoncé pour 2018”, écrivent le Medef, la FHF, la CFDT, la CGT, FO, le SMPS, le SMISP et le SPHISP, le SNIASS, l’ADH.

Selon les comptes financiers de l’école pour 2016, la subvention pour charge de service public versée par ce ministère à l’école se monte à 8 millions d’euros pour un budget total de 58 millions d’euros. La plus grande part du financement est assurée par les employeurs hospitaliers et médico-sociaux (32,5 millions). Le ministère de l’Enseignement supérieur, autre ministère de tutelle, verse, lui, une subvention de 2,4 millions (en légère hausse).

Baisse du plafond des emplois autorisés

“Le déséquilibre structurel du modèle économique de l’EHESP a été masqué durant plusieurs années par des produits exceptionnels, soulignent les professionnels. Mais ces dernières années, la diminution, en début et en cours d’exercice, de la subvention des ministères sociaux et des plafonds d’emplois, s’est poursuivie systématiquement, conduisant, en 2016 et 2017, au vote de budgets déficitaires et à des reprises sur le fonds de roulement.”

Selon ces professionnels, les contributions des employeurs, stables depuis la création de l’EHESP, ne devraient couvrir, selon la loi, que les traitements et indemnités des élèves, mais elles financent dans les faits une large part de son fonctionnement et des investissements. Les coupes budgétaires pèsent sur la gestion de l’établissement. Le plafond des emplois autorisés par le ministère des Solidarités et de la Santé est passé de 355 à 313 entre 2013 et 2017 (- 50 en intégrant la résorption de l’emploi précaire). L’État devrait en supprimer, selon les employeurs, encore 14 en 2018, fixant ce plafond à 299, “soit une baisse de 16 % entre 2013 et 2018”, écrivent les membres du conseil d’administration.

“Universitarisation” de l’école

L’EHESP, un établissement chargé de former notamment les directeurs d’hôpital, les directeurs d’établissement sanitaire, social et médico-social, les directeurs des soins, les attachés d’administration hospitalière ou les inspecteurs de l’action sanitaire et sociale, a connu des mutations importantes ces dernières années. L’école s’est engagée dans une “universitarisation” depuis une réforme structurelle de 2004 afin d’améliorer la compétitivité de l’EHESP au plan international en instaurant des formations diplômantes – indispensable sésame lorsqu’il s’agit de postuler à l’étranger –, inexistantes jusqu’alors.

La double culture de l’école, fruit d’un équilibre précaire – la recherche d’un côté, les milieux professionnels de l’autre –, a pu occasionner certaines tensions ces dernières années, qui se sont notamment manifestées à l’occasion du processus de nomination de son directeur, en 2013.