Quantcast

S’adapter aux évolutions et miser sur les atouts dont dispose la puissance publique

5 nov. 2017, PAR Bruno Botella
  • 02
    MIN
  • 0

Les propos de Jean-Marc Sauvé (lire l'interview), ceux d’un acteur et observateur de la vie publique depuis plus de quarante ans, ne sont empreints d’aucune nostalgie d’un prétendu âge d’or de l’État ou de l’action publique.


Sa parole est rare, donc écoutée, souvent redoutée. Premier des fonctionnaires, au premier rang des autorités civiles et militaires de l’État dans l'ordre protocolaire, le vice-président du Conseil d’État, Jean-Marc Sauvé, se livre dans Acteurs publics. Dans ce long entretien, les mots, pesés au trébuchet, n’en sont que plus tranchants. Sur la paupérisation de l’État après dix ans de “rabot” budgétaire, sur la revue des missions de l’État sans cesse reculée, sur le malaise des agents publics déboussolés par l’absence de cap et la révolution numérique, sur la rémunération peu attractive des hauts fonctionnaires, sur le retour de balancier en matière de déontologie de la vie publique après des années de laisser-faire, sur l’inflation législative, sur les missions du Conseil d’État, qui tient tant à sa double fonction – celle de juger l’administration et de conseiller le gouvernement. Jean-Marc Sauvé quittera le Palais-Royal en mai prochain après presque douze ans passés à la tête de l’institution, le plus long règne depuis René Cassin, nommé à la Libération. Lui qui, depuis 2006, en est à son quatrième président de la République, s’exprime dans nos colonnes en homme libre. Ses propos, ceux d’un acteur et observateur de la vie publique depuis plus de quarante ans, ne sont empreints d’aucune nostalgie d’un prétendu âge d’or de l’État ou de l’action publique. Pour Jean-Marc Sauvé, il ne faut pas entrer dans l’avenir à reculons” mais s’adapter aux évolutions et miser sur les atouts dont dispose la puissance publique, à commencer par sa fonction publique “professionnelle, compétente, loyale et intègre”.