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Le Premier ministre grec annonce des mesures sociales

14 nov. 2017, PAR Acteurs Publics
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SIPA

Distancé dans les sondages par l’opposition de droite, Alexis Tsipras crée la surprise en desserrant l’étau budgétaire au profit des plus modestes. La Grèce est financièrement sortie de la zone rouge après plusieurs années de rigueur extrême. 


La Grèce aperçoit-elle le bout du tunnel ? Son Premier ministre, Alexis Tsipras, a annoncé, lundi 13 novembre, des mesures de soutien social d’1,4 milliard d’euros au vu des performances budgétaires de 2017.

Se prévalant de ces bons résultats, ayant permis au pays de dégager cette année un excédent primaire (hors service de la dette) “bien supérieur” à l’objectif de 1,75 % du PIB fixé par les créanciers, le chef du gouvernement a annoncé la redistribution en faveur des “couches populaires” d’un surplus de 1,4 milliard d’euros.

Sur ce total, 720 millions seront destinés à soutenir, sous forme d’aides exceptionnelles et en fonction d’une série de critères, les ménages dont les revenus annuels ne dépassent pas 18 000 euros par an, soit un total de 3,4 millions de personnes, a-t-il précisé.

Une ligne de 315 millions sera affectée au remboursement de dépenses de santé imposées aux petits retraités. L’entreprise publique surendettée d’électricité DEI recevra, pour sa part, 360 millions d’euros pour subventionner les tarifs favorables accordés aux plus vulnérables. Ces mesures attestent “des priorités politiques et sociales” du gouvernement, a souligné Alexis Tsipras.

Sous perfusion financière

Cette annonce intervient alors que le pays, désormais loué pour ses efforts de réforme par ses créanciers, se prépare à sortir de sa mise sous perfusion financière, avec son retour prévu en août 2018 sur les marchés, dont l’accès lui a été barré en 2010.

Le Premier ministre grec avait déjà annoncé par surprise des mesures sociales début décembre 2016, d’un montant de 617 millions d’euros, sous forme notamment d’un soutien exceptionnel aux plus petits retraités. Cette initiative, à l’époque sur fond de bras de fer avec les bailleurs de fonds au sujet de nouvelles réformes à adopter par le pays, avait profondément irrité l’Allemagne, suscitant dans la foulée une réaction de la zone euro.

Mais Athènes, notamment soutenue par Paris, avait fini par faire prévaloir ses vues. Le service statistique grec a, entre-temps, confirmé que le pays avait réalisé en 2016 un excédent budgétaire primaire bien supérieur à ce que lui réclamaient ses créanciers, à 3,7 % du PIB. Et ce au prix d’une coupe tous azimuts dans les dépenses publiques et d’un alourdissement de la pression fiscale.

(avec AFP)