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Les régions n'excluent pas de revenir dans la Conférence nationale des territoires

22 nov. 2017, PAR Bastien Scordia
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Au pupitre, le nouveau président de Régions de France, le centriste Hervé Morin - DR

Mercredi 22 novembre, le nouveau président (tout juste élu) de Régions de France, Hervé Morin, a annoncé que son association pourrait revenir dans la Conférence nationale des territoires si le gouvernement fixe un cadre budgétaire de « confiance » pour la durée du quinquennat. Les élus régionaux avaient annoncé leur retrait de cette instance lors de leur Congrès en septembre dernier, pour protester contre l'annulation de 450 millions d'euros de crédits.


La hache de guerre serait-elle en passe d'être enterrée entre le gouvernement et les régions ? Après l'annonce tonitruante de leur retrait de la Conférence nationale des territoires en septembre dernier, le nouveau président de Régions de France, Hervé Morin, a annoncé, mercredi 22 novembre, que les édiles régionaux pourraient la réintégrer à condition que le gouvernement leur fournisse un cadre budgétaire de « confiance » jusqu'en 2022. En ce sens, l'association (ex-ARF) compte solliciter « rapidement » un rendez-vous auprès du Premier ministre, Édouard Philippe.

« Il faut retrouver le chemin de la confiance et de la cohérence, a déclaré le président centriste de la région Normandie, à l'issue du Conseil des régions qui l'a élu (à l'unanimité) à la tête de l'association. Nous sommes prêts à discuter avec le gouvernement après avoir fixé un cadre budgétaire de confiance pour la durée du quinquennat ».

Les régions demandent notamment au chef de l’exécutif un « référentiel budgétaire stable » pour « ne plus être ballottées ». « C'est à cette condition que nous reviendrons dans la Conférence nationale des territoires », a ajouté le Normand.

Interlocuteurs du gouvernement « sans querelles »

Par ces annonces, Hervé Morin prend ainsi le contre-pied de son prédécesseur (démissionnaire) à la présidence de l'association, le Républicain Philippe Richert. A l'occasion du Congrès de Régions de France, à Orléans, le 28 septembre qui avait ainsi vu le retrait des régions de la Conférence des territoires, celui qui était alors président de la région Grand Est avait exprimé sa « révolte » face au « non-respect de la parole de l’État ». En cause : la non-reconduction en 2018 d'un fonds de soutien au développement économique d'un montant de 450 millions d'euros [cliquez ici pour consulter notre article sur le sujet et ici pour visionner l'interview de Philippe Richert réalisée par Acteurs publics].

Même s'il n'entend pas faire de « croix » sur ce fonds « ni sur rien du tout », Hervé Morin affirme vouloir faire des régions des interlocuteurs « permanents » du gouvernement « sans rentrer dans des querelles ». Un constat également partagé par le socialiste François Bonneau, reconduit dans ses fonctions de président délégué de l’association : « Nous voulons affirmer auprès du gouvernement notre unité pour dialoguer avec lui ».

Timing serré

« La balle est désormais dans le camp d’Édouard Philippe », affirme un cadre de Régions de France tout en précisant que l'association n'est pas dans « l'optique d'un chantage mais bien au contraire dans une démarche constructive ».

Reste désormais à savoir si le gouvernement fera un geste en faveur des exécutifs régionaux et si ces derniers accepteront de changer de braquet d'ici la prochaine Conférence nationale des territoires. Des réflexions, qui s'ils elles ont lieu, s'annoncent très rapides, la prochaine réunion de cette instance étant prévue 14 décembre prochain à Charleville-Mézières, dans les Ardennes.

Hervé Morin reste flou sur son passage de témoin à Renaud Muselier
Comme nous l'évoquions il y a quelques jours, un accord devait être scellé entre Hervé Morin et le président de la région Paca, Renaud Muselier, pour se partager la succession de Philippe Richert à la tête de Régions de France. Selon les détails fournis à Acteurs publics par le président de Provence-Alpes-Côte d’Azur lui-même, son collègue de Normandie devait être élu président de l'association le 22 novembre (chose faite), avant de laisser sa place, en 2019, à Renaud Muselier, quand ce dernier aura achevé son mandat de député au Parlement européen. Interrogé sur le sujet à l'issue de son élection, Hervé Morin n'a ni infirmé ni même confirmé cet accord mais s'est contenté de souligner que l'association a trouvé un « système dans lequel nous saurons partager les temps de l'action ». Sur son compte Twitter en revanche, Renaud Muselier a affirmé avoir « trouvé » un accord avec Hervé Morin « permettant de préserver l'unité de Régions de France ». « Il présidera l’association jusqu'en juin 2019 avant de me passer le témoin […] ensemble nous formons un ticket pour porter la voix des régions auprès du gouvernement », a-t-il précisé.