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Gérald Darmanin délègue la gestion de la poudrière locale

27 nov. 2017, PAR Bastien Scordia
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Le président de l'Association des maires de France (AMF), François Baroin - Jacques Witt / Sipa/SIPA

Le nouveau secrétaire d’État, Olivier Dussopt, sera “particulièrement” en charge de suivre, auprès du ministre de l’Action et des Comptes publics, Gérald Darmanin, les sujets relatifs “au dialogue social dans la fonction publique et le partenariat de confiance avec les collectivités”. Des domaines où ce fin connaisseur des territoires et du secteur public devra s’efforcer de faire consensus.


Olivier Dussopt connaît d’avance la (lourde) tâche qui sera la sienne au sein du gouvernement. En procédant à sa nomination comme secrétaire d’État auprès du ministre de l’Action et des Comptes publics, Gérald Darmanin, l’exécutif compte faire de lui son principal interlocuteur auprès des élus locaux et des agents publics.

Comme annoncé dans un communiqué de presse, publié à l’issue de la première réunion de travail entre les deux hommes, samedi 25 novembre, le député socialiste de l’Ardèche sera “particulièrement chargé de suivre, auprès du ministre (Gérald Darmanin), les sujets relatifs au dialogue social dans la fonction publique et le partenariat de confiance avec les collectivités”. Ce dernier repose sur des engagements “réciproques” des échelons territoriaux et de l’État, les premiers devant contribuer à la réduction de la dépense publique à hauteur de 13 milliards d’euros d’ici 2022 et le second s’étant engagé à donner “une meilleure visibilité aux collectivités sur leurs ressources”, notamment par la stabilité de ses concours financiers.

Si la tâche s’annonce déjà énorme avec les représentants des fonctionnaires, très critiques à l’égard du programme du gouvernement en matière de fonction publique [cliquez ici pour consulter notre article], elle pourrait être relativement plus aisée avec les élus locaux. C’est “un élu de terrain, impliqué et actif, connaissant bien les dossiers, a réagi le maire UDI de Sceaux et secrétaire général de l’Association des maires de France (AMF), Philippe Laurent. Les maires comptent sur lui.”

Connaisseur du sujet

Les édiles locaux trouveront en effet en la personne d’Olivier Dussopt l’un de leurs compagnons de route qui, à n’en pas douter, devrait leur tendre une oreille attentive. Parlementaire de l’Ardèche depuis 2007, celui-ci était maire d’Annonay de 2008 jusqu’en juillet dernier, date à laquelle il a dû abandonner son fauteuil pour se conformer au non-cumul des mandats. Des fonctions qui l’ont amené à la tête de l’Association des petites villes de France (APVF) en 2014. Il avait réussi à se maintenir à la tête de cette association (une tribune d’influence) malgré son retrait de l’exécutif à Annonay.

Également rapporteur de la loi de 2015 portant nouvelle organisation territoriale de la République (NOTRe), ce fin connaisseur des territoires sera donc en première ligne des négociations prévues entre le gouvernement et les élus locaux sur la trajectoire budgétaire de ces derniers. Parmi les problématiques qui seront sur la table, figurent entre autres le plafonnement de la hausse de leurs dépenses de fonctionnement à + 1,2 % par an, la procédure de contractualisation prévue par l’exécutif avec 319 collectivités, les conséquences de la baisse des contrats aidés, l’exonération de la taxe pour 80 % des contribuables ou encore la réforme de la fiscalité locale annoncée pour 2020 par le président de la République, lors de son discours de clôture du Congrès des maires, le 23 novembre dernier [cliquez ici pour consulter notre article].

Sauver la Conférence des territoires

Autant de mesures que le nouveau secrétaire d’État n’a pas toujours approuvées, comme nombre de ses homologues locaux. Bien au contraire. “La relation de l’État et des collectivités est difficile à caractériser en cette rentrée, évoquait-il en amont de l’examen du projet de loi de finances pour 2018 (qu’il n’a pas voté). Parler de défiance généralisée serait excessif mais parler de confiance serait erroné”. “Nous avons encore et toujours le sentiment que les collectivités sont sollicitées au de-delà de leurs capacités et malgré les efforts déjà consentis”, ajoutait-il.

Autre défi de taille pour Olivier Dussopt : la bonne conduite de la prochaine Conférence nationale des territoires, que plusieurs associations d’élus menacent encore de boycotter. Régions de France a conditionné son retour dans cette instance à des avancées de la part du gouvernement sur la trajectoire financière des collectivités et l’AMF, “à défaut d’être entendue et d’obtenir des réponses satisfaisantes”, laisse encore planer la menace de sa non-participation à la Conférence, dont la prochaine réunion est prévue le 14 décembre à Charleville-Mézières, dans les Ardennes.