Quantcast

La protestation contre le gouvernement relancée en Roumanie

28 nov. 2017, PAR Acteurs Publics
  • 02
    MIN
  • 0

© Vadim Ghirda/AP/SIPA

Les manifestants réclament le retrait de projets de loi qui réformeraient le système judiciaire et réduiraient les pouvoirs du parquet anticorruption. Une tentative d’assouplir la législation anticorruption avait provoqué un mouvement de protestation l’hiver dernier.


La corruption fait redescendre les Roumains dans la rue. Des milliers de manifestants ont protesté, dimanche 26 novembre, contre le gouvernement de gauche, accusé par certains de vouloir affaiblir la lutte contre la corruption. Quinze mille à vingt-cinq mille personnes ont bravé le froid pour défiler à Bucarest, tandis que plusieurs milliers d’autres ont manifesté dans d’autres villes du pays.

Une quarantaine de groupes de la société civile et deux grandes confédérations syndicales, qui avaient lancé le mot d’ordre de la manifestation, ont déclaré dans un communiqué commun qu’une “mafia politique” avait “pris le contrôle de la Roumanie”. Les signataires veulent le retrait de projets de loi qui réformeraient le système judiciaire.

L’opposition a reproché récemment au gouvernement de “menacer l’indépendance de la justice” à travers 3 projets de loi actuellement en cours de discussion, qui risquent selon elle d’affaiblir la lutte anticorruption. Ces projets de loi sont à l’origine d’une nouvelle vague de contestation visant les sociaux-démocrates, les grands gagnants des législatives de décembre 2016.

Le cas Dragnea

Une tentative d’assouplir la législation anticorruption avait provoqué, l’hiver dernier, un mouvement de protestation d’une ampleur sans précédent depuis la chute du régime communiste, fin 1989, forçant la majorité de centre gauche à faire machine arrière.

Selon l’opposition, les réformes proposées par le gouvernement vont à l’encontre des progrès enregistrés contre la corruption en Roumanie, un mal contre lequel l’Union européenne n’a cessé de protester depuis l’adhésion du pays, il y a dix ans.

En outre, les avoirs du chef des sociaux-démocrates roumains, Liviu Dragnea, soupçonné de malversations dans l’utilisation de fonds européens, avaient été passés au crible la semaine dernière par les procureurs, qui tentent de déterminer le montant de sa fortune. Plus tôt, les magistrats avaient annoncé la mise sous séquestre des biens de l’homme fort de la politique roumaine, une mesure conservatoire pour contribuer au recouvrement d’un préjudice estimé à 27 millions d’euros dans le dossier de détournement présumé de fonds.

Liviu Dragnea, qui exerce un contrôle étroit sur la majorité au pouvoir, est par ailleurs jugé, dans une procédure distincte, pour “abus de pouvoir” dans une affaire d’emplois fictifs. En 2016, il avait été condamné à deux ans de prison avec sursis pour fraude électorale.

(avec AFP)