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Les collectivités refusent de voter le budget du Grand Paris Express

4 déc. 2017, PAR Pierre Laberrondo
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ROMUALD MEIGNEUX/SIPA

Le refus des collectivités franciliennes de droite comme de gauche de voter le budget initial 2018 de la Société du Grand Paris (SGP) pour protester contre les "tergiversations et les hésitations" de l'État reste symbolique, l'État disposant de 11 voix, et donc de la majorité, au Conseil de surveillance de cette structure.


Les collectivités franciliennes de droite comme de gauche ont exprimé le 1er décembre leur mécontentement face aux "tergiversations" de l'État sur le Grand Paris Express, en ne votant pas le budget initial 2018 de la Société du Grand Paris (SGP) qui met en œuvre ce projet de super métro.

"C'est une grande première", a affirmé à l'AFP Stéphane Troussel, président PS du conseil départemental de Seine-Saint-Denis, en indiquant que huit collectivités sur 9 avaient voté contre ce budget, la neuvième s'abstenant (Val-de-Marne, Christian Favier, PCF). Ce refus est symbolique, l'État disposant de 11 voix, et donc de la majorité, au Conseil de surveillance de la SGP qui votait ce jour son budget initial 2018.

Siègent au titre des élus la Région Ile-de-France et sa présidente Valérie Pécresse (LR), la Ville de Paris et sa maire Anne Hidalgo (PS), et sept départements franciliens. "Nous avons voulu tirer la sonnette d'alarme sur d'éventuels renoncements du gouvernement", a dit Stéphane Troussel en fustigeant les "tergiversations et les hésitations" de l'État.

Pas de garantie suffisante

Le Grand Paris Express, "c'est plus qu'un simple projet de transport. C'est pour beaucoup de territoires jusque-là enclavés, un synonyme de développement, de constructions, d'amélioration du cadre de vie", a-t-il ajouté. "On ne peut pas sacrifier un projet d'intérêt général pour les quartiers populaires sur l'autel des critères de la dette vus de Bruxelles", selon lui.

À droite, cinq présidents Les Républicains de conseils départementaux ont fait savoir que "s'agissant d'un budget provisoire qui n'assure aucune garantie pour la réalisation des lignes 17 et 18 du métro du Grand Paris Express, les élus considèrent que cela serait un non-sens de donner leur accord à ce budget". Ils "souhaitent que l'État rende ses arbitrages définitifs pour confirmer la réalisation de toutes les lignes dans un calendrier précis", ajoutent François Durovray (Essonne), Jean-Jacques Barbaux (Seine-et-Marne), Pierre Bédier (Yvelines), Marie-Christine Cavecchi (Val-d'Oise) et Patrick Devedjian (Hauts-de-Seine).

La SGP a pour sa part annoncé le vote des premières autorisations budgétaires pour 2018 à 2,249 milliards d'euros. Il sera "révisé début 2018, à l'issue des décisions du gouvernement relatives à la feuille de route du Grand Paris Express", poursuit un communiqué.

Le Grand Paris Express doit en principe entrer en service en 2023. Le chantier, le plus grand d'Europe, porte sur la création de 200 kilomètres de lignes et 68 gares en rocade autour de la capitale. Mais les élus locaux ont déjà fait part ces dernières semaines de leurs inquiétudes sur des suppressions ou suspensions de lignes.

(Avec AFP)