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Etalab ne veut pas laisser retomber le soufflé du PGO

5 déc. 2017, PAR Soazig Le Nevé
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Jusqu’au 18 décembre, la mission chargée de la politique d’ouverture des données publiques met en débat les 14 engagements de la France pour la période 2018-2020 dans le cadre du Partenariat pour un gouvernement ouvert (PGO). Open data, transparence des algorithmes, ouverture de l’administration à de nouveaux profils… Les ambitions sont aussi nombreuses que pointues.


Surtout, ne rien perdre de la dynamique, un an après le sommet mondial organisé à Paris “pour un gouvernement ouvert” : telle est la devise de la mission Etalab, qui soumet à commentaires jusqu’au 18 décembre les 14 nouveaux engagements que la France souhaite prendre entre 2018 et 2020 dans le cadre du Partenariat pour un gouvernement ouvert (PGO), qui regroupe aujourd’hui 75 pays et des centaines d’organisations de la société civile.

Les ambitions, formulées noir sur blanc, parcourent un large spectre, avec 6 engagements faisant écho aux “engagements phares” du PGO (redevabilité, lutte contre la corruption, transparence de la vie publique et économique) ; 4 engagements transverses, communs aux différentes administrations, détaillant des feuilles de route sur l’ouverture de ressources numériques (données, codes, algorithmes), l’innovation ouverte et la participation citoyenne et enfin 4 engagements thématiques sur la francophonie, le développement durable, les territoires et la transition écologique, la science ouverte.

Réaliser des monographies d’algorithmes

Parmi les bonnes idées livrées au débat, figurent ainsi “Renforcer l’accès aux informations publiques relatives aux élus et responsables publics” (n° 6), “Ouvrir l’administration à de nouvelles compétences et accompagner les initiatives d’innovation ouverte au sein de l’État” (n° 9), “Mettre en place l’ouverture des données publiques par défaut et enrichir le service public de la donnée” (n° 7), “Outiller les administrations pour associer les citoyens à la décision publique” (n° 8) ou “Renforcer la transparence des algorithmes et des codes sources publics” (n° 10).

Pour accompagner l’ouverture des algorithmes et des codes sources publics, la direction interministérielle du numérique et du système d’information et de communication de l’État (Dinsic), en partenariat avec le secrétariat d’État au Numérique, proposent ainsi, dans la feuille de route de l’engagement n° 10, d’“élaborer un guide d’ouverture des codes sources publics à l’intention des administrations”, de “réaliser 5 monographies d’algorithmes publics pour identifier les enjeux en termes techniques, juridiques et organisationnels” et d’“organiser des hackathons autour de l’ouverture des algorithmes publics”. Le tout en associant la société civile à leurs études.

Administration du futur

Dans le cadre de l’engagement n° 9, qui vise à “ouvrir l’administration à de nouvelles compétences”, le secrétariat d’État au Numérique ambitionne d’“ouvrir un tiers lieu incarnant « l’administration du futur »”, mais aussi de “créer un réseau d’alumni des entrepreneurs d’intérêt général (EIG) afin que les retours d’expérience des premières promotions améliorent l’efficacité du programme” et, sur la base de ces retours d’expériences, de “proposer des évolutions législatives et réglementaires afin d’améliorer l’innovation publique technologique au sein de l’administration”.

Pour ce qui est de l’engagement n° 7, relatif à l’ouverture des données publiques, le secrétariat d’État au Numérique s’engage à “bâtir des infrastructures de données” et à “enrichir le service public de la donnée (SPD) avec de nouvelles bases de données et en animant sa gouvernance”. La feuille de route prévoit ainsi d’identifier 2 à 3 jeux de données à fort impact par ministère et de définir un calendrier d’ouverture de ces jeux de données.

“Verticales thématiques”

Etalab projette aussi de “développer des « verticales » thématiques (transport, énergie…) autour de Data.gouv.fr (données sectorielles, APIs, openlabs et community management dédié…)”. Le laboratoire d’innovation de la Dinsic promet d’évaluer l’impact de l’ouverture des données publiques en organisant “une journée d’étude” pour comprendre les conséquences de l’ouverture des données publiques, élaborer des outils de mesure (indicateurs, datasciences…) des répercussions des dispositifs d’ouverture des données publiques sur l’économie, la vie démocratique…

Et pour coller au caractère planétaire de l’exercice “PGO”, Etalab veut créer un groupe de travail international sur l’impact de l’ouverture des données publiques afin d’échanger sur les retours d’expériences dans d’autres pays.