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Un premier compromis entre Bruxelles et Londres sur le Brexit

8 déc. 2017, PAR Acteurs Publics
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CHINE NOUVELLE/SIPA

La Commission européenne et le Royaume-Uni sont tombés d’accord, vendredi 8 décembre, sur la première phase des négociations du Brexit, portant sur les modalités de leur divorce. Ce compromis ouvre la voie à la discussion sur leur future relation.


Quelques minutes après l’arrivée de la Première ministre britannique, Theresa May, au siège de la Commission européenne, vers 7 heures du matin ce vendredi 8 décembre, le chef de cabinet de Jean-Claude Juncker, Martin Selmayr, n’a pas hésité à publier sur Twitter une image de fumée blanche s’échappant d’un conduit de cheminée, sans aucune explication…

Moins d’une heure plus tard, la Commission, qui mène les négociations du Brexit au nom de l’Union européenne à 27, a annoncé qu’elle estimait désormais que des “progrès suffisants” exigés par les Européens dans trois domaines jugés clés avaient été réalisés. Un premier accord donc, salué côté européen comme côté britannique.

Il revient désormais au Conseil européen, instance qui regroupe les dirigeants des États membres, de valider le constat de la Commission, ce qui permettra d’ouvrir la deuxième phase des négociations, consacrée à la “future relation” entre l’UE à 27 et Londres, notamment la relation commerciale.

Période de transition

Ce premier accord entre Bruxelles et Londres fait l’objet d’un “rapport conjoint” de 16 pages qui décline les éléments concernant les 3 dossiers prioritaires : la gestion de la frontière entre l’Irlande et la province britannique d’Irlande du Nord, le règlement financier de la séparation et les droits des citoyens expatriés.

Donald Tusk a déclaré, de son côté, avoir d’ores et déjà envoyé aux dirigeants des 27 son projet de texte pour établir les grandes lignes directrices des discussions à venir. Le président du Conseil européen propose de commencer tout de suite les négociations sur une période de transition après la date effective du Brexit, fixée à fin mars 2019.

Les Européens ont “naturellement” leurs conditions pour cette transition durant laquelle le Royaume-Uni resterait membre du marché unique et de l’Union douanière, demandée par Theresa May elle-même. Les Britanniques seraient alors soumis à la législation de l’UE, y compris les nouvelles lois votées, mais sans participer au processus de décision.

Donald Tusk propose également d’ouvrir dès maintenant des “discussions préparatoires” sur la nature de la future relation, dans le domaine commercial mais aussi ceux de la lutte contre le crime et le terrorisme, de la sécurité, de la défense et des affaires étrangères.

Droits des citoyens préservés des deux côtés

Concernant le délicat sujet irlandais, la cheffe du gouvernement britannique a déclaré qu’en Irlande du Nord, il n’y aurait “pas de frontière dure” avec l’Irlande.

En outre, la Commission assure que “les citoyens de l’Union vivant au Royaume-Uni et les citoyens britanniques installés dans l’UE à 27 conserveront les mêmes droits une fois que le Royaume-Uni aura quitté l’UE”, une garantie attendue par les quelque 3 millions de personnes concernées. Réciproquement, les droits d’environ 1 million de Britanniques résidant dans le reste de l’UE seront aussi préservés.

Quant à la facture du Brexit, Theresa May a souligné qu’elle serait “équitable” pour les contribuables britanniques, sans énoncer de chiffres. Les deux camps se sont accordés sur une “méthodologie” de calcul, pas sur un chiffre final. La somme est estimée entre 45 milliards et 55 milliards d’euros, selon des sources européennes.

(avec AFP)