Quantcast

La Tunisie reste sous la pression du Fonds monétaire international

18 déc. 2017, PAR Acteurs Publics
  • 02
    MIN
  • 0

Christine Lagarde, présidente du Fonds monétaire international (FMI). - © Jose Luis Magana/AP/SIPA

Même si l’institution financière salue le budget 2018 adopté par le pays et la reprise de l’économie, elle appelle Tunis à réduire la dette publique et à réformer sa fonction publique. 


Bien, mais peut mieux faire. Dans un document publié mercredi 13 décembre, le Fonds monétaire international (FMI) a salué la loi de finances pour 2018 adoptée par le Parlement tunisien, qui prévoit notamment de réduire le déficit budgétaire à moins de 5 %, un objectif jugé “ambitieux”.

Malgré cela, le FMI a exprimé son inquiétude face à l’accentuation des “vulnérabilités macro-économiques” et a appelé les pouvoirs publics tunisiens à une “action urgente”. La dette publique continue de grimper à 70 % du PIB, le déficit commercial va atteindre un niveau record “à deux chiffres”, tandis que l’inflation – plus de 6 % en novembre – affecte le niveau de vie.

Le gouvernement de Youssef Chahed doit prendre “des mesures décisives”, a dès lors fait valoir le FMI, en citant particulièrement “la stratégie globale de réforme de la fonction publique” et “la réduction des subventions de l’énergie”, deux dossiers particulièrement sensibles dans un pays marqué par une grogne sociale persistante.

Croissance de 2 %

Sept ans après sa révolution, la Tunisie peine toujours à relancer son économie et l’unique pays rescapé du Printemps arabe a obtenu en 2016 une nouvelle ligne de crédit auprès du FMI, d’un montant de 2,9 milliards de dollars (2,47 milliards d’euros) sur quatre ans, en échange d’un programme de réformes. Mais cet accord prévoit 8 revues du Fonds pour valider son versement graduel.

À la faveur de la relance du tourisme et du rebond de la production de phosphates, la croissance en Tunisie “s’est raffermie pour atteindre environ 2 %”, s’est ainsi félicité le FMI après l’une de ces revues.

Adopté à une nette majorité, le budget tunisien 2018 a suscité de vives critiques au moment de sa présentation. L’objectif de ramener le déficit budgétaire à 4,9 %, contre plus de 6 % en 2017, se fonde sur une prévision de 3 % de croissance, mais aussi sur plusieurs hausses d’impôts. Il instaure notamment une Contribution sociale de solidarité sur les bénéfices et les salaires pour sauver les caisses sociales, et augmente de 1 % les taux de TVA, avec une surtaxe sur les boissons alcoolisées ou encore sur les produits de beauté.

(avec AFP)