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Les indépendantistes remobilisés après leur victoire en Catalogne

22 déc. 2017, PAR Acteurs Publics
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© Daina Le Lardic/Isopix/SIPA

La victoire de la coalition indépendantiste lors des élections du 21 décembre contrarie la stratégie du gouvernement espagnol, qui avait organisé le scrutin pour affaiblir Carles Puigdemont et ses alliés.


Le gouvernement espagnol, qui avait décidé de convoquer des élections en Catalogne en espérant affaiblir les indépendantistes, s’est pris les pieds dans le tapis. En égalant quasiment leur dernier score aux élections régionales, les partisans de l’indépendance posent plus que jamais un défi majeur à l'unité de l'Espagne et au Premier ministre, Mariano Rajoy.

Marqué par une participation massive – près de 82 % de votants, un record historique dans la région – le scrutin a vu les partis défendant l'unité de l'Espagne arriver en tête à 52 % des suffrages, mais la loi électorale catalane prévoit un système de pondération des voix qui avantage les provinces rurales, où les indépendantistes sont très implantés, d'où leur victoire en sièges au parlement régional.

Les trois partis indépendantistes obtiennent ainsi 70 élus sur 135, deux de moins qu'en 2015. Sur les 70 sièges, 34 reviennent à la liste de Carles Puigdemont, président du gouvernement destitué par Madrid après la déclaration d'indépendance du 27 octobre et exilé en Belgique. “L'État espagnol a été vaincu. Rajoy et ses alliés ont perdu !” a clamé, depuis Bruxelles, Carles Puigdemont.

Qui va gouverner ?

Mais si les indépendantistes arrivent à s'entendre pour gouverner, quels seront les membres du cabinet régional ? L’ancien président est inculpé pour “rébellion” et “sédition” et s'il rentre en Espagne, il sera arrêté. Le chef du deuxième parti indépendantiste, Oriol Junqueras, son vice-président, lui aussi poursuivi, est déjà en prison.

Mariano Rajoy, silencieux jeudi soir, pourrait s'exprimer dans l'après-midi après une réunion avec son Parti populaire, laminé en Catalogne, où il est passé de 11 à 3 sièges. Le vice-secrétaire du parti, Pablo Casado, s'est borné à affirmer que le parlement régional serait difficile à gouverner. 

En effet, les Catalans partisans de l'Espagne unie, veulent aussi être pris en compte. Poussés à s'impliquer face au risque réel de rupture unilatérale, ils avaient finalement manifesté en masse depuis octobre, inondant aussi les rues de leurs drapeaux rouge-jaune-rouge. Le parti libéral et anti-indépendantiste Ciudadanos a obtenu le plus grand nombre de sièges au parlement avec 37 élus. “Les partis nationalistes ne pourront plus jamais parler au nom de toute la Catalogne, car la Catalogne c'est nous tous”, a martelé sa dirigeante catalane, Inès Arrimadas. 

(avec AFP)