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Le gouvernement entend calquer la formation des agents de l’État sur les objectifs d’Action publique 2022

16 janv. 2018, PAR Bastien Scordia
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Aider les agents dans le contexte de la transformation publique et utiliser le numérique comme levier de cette transformation, accompagner les managers dans leurs responsabilités ou renforcer le pilotage de la politique de formation : tels sont les axes “prioritaires et stratégiques” du schéma directeur de la formation professionnelle des agents de la fonction publique d’État, qui va être présenté aux représentants du personnel et qu’Acteurs publics a pu consulter. 


Longtemps attendu, le schéma directeur pour la formation professionnelle tout au long de la vie des agents de l’État est désormais connu. Une première mouture de ce texte, prévu par le décret de décembre 2016 réformant la fonction RH au plan ministériel, sera ainsi présentée aux organisations syndicales du secteur public mercredi 17 janvier, à l’occasion d’une réunion du Conseil supérieur de la fonction publique d’État.

Comme le précise la direction générale de l’administration et de la fonction publique (DGAFP) dans ce projet de texte, qu’Acteurs publics s’est procuré, les actions retenues dans le cadre du schéma directeur “doivent permettre d’accompagner les réformes engagées par le gouvernement dans le cadre de la démarche Action publique 2022”. Ces dernières devront également conduire à “engager la modernisation et la transformation de l’appareil de formation de l’État dans une logique de coopération et de mutualisation au niveau interministériel”.

Au total, la procédure d’élaboration aura duré plus de six mois, le travail collaboratif ayant été initié en juin 2017 avec les employeurs publics, puis s’étant poursuivi à l’automne dernier avec les représentants du personnel. Cinq axes “stratégiques” ont finalement été retenus dans ce projet de schéma, qui “a vocation à être un document-cadre” afin de guider les politiques de formation mises en œuvre “à tous les niveaux d’action (administration centrale, opérateurs, services déconcentrés) sur l’ensemble de la période 2018-2022)”.  

Aider les agents dans la transformation de l’action publique. C’est l’un des principaux objectifs de ce schéma directeur, en concordance, donc, avec les objectifs du programme “Action publique 2022”, lancé par le Premier ministre, Édouard Philippe, en septembre dernier. Il faut “structurer l’offre de formation pour accompagner collectivement les agents dans un contexte de transformation de l’action publique”, précise le document transmis aux organisations syndicales. Sont ainsi préconisés le développement de modules de formation dédiés à cette transformation “ou à l’évaluation de l’action publique” ou encore la création d’une “université de la transformation”. Le schéma recommande également la diffusion d’une culture “renouvelée de la relation à l’usager” par la constitution, en particulier, d’une offre de formation dédiée au droit à l’erreur. Autant d’actions “structurantes et prioritaires” qui devront être mises en place dès cette année, précise le projet de texte.

Utiliser le numérique comme levier de transformation. Ce n’est pas la seule transformation des administrations qui est ici visée, mais aussi celle de l’appareil de formation de l’État. Pour y parvenir, le projet de schéma propose notamment de développer les formations et certifications des compétences numériques, ainsi que l’offre de formation à distance des agents publics. Le tout dans l’objectif de la rendre “accessible à tous” via, par exemple, un centre de ressources interministérielles organisé autour d’un réseau d’administrateurs et de contributeurs ou la mise en place d’un marché interministériel de ressources techniques (Mooc, tutoriels, e-learning…). Préalable néanmoins nécessaire à la réussite de ces actions : la définition d’une “stratégie de convergence” des services d’information ministériels et interministériels de formation, souligne la DGAFP.

Accompagner les managers. Les encadrants de la fonction publique d’État sont particulièrement ciblés par ce projet de schéma directeur, qui vise à les “accompagner dans la mise en œuvre des politiques publiques et l’exercice de leurs responsabilités managériales”. En ce sens, le ministère de l’Action et des Comptes publics recommande que soit diffusée une “culture managériale commune”, en rendant obligatoire une formation “au management” pour tout primo-encadrent et tout agent nommé à la direction d’un opérateur ministériel. Les managers devront également être formés “aux enjeux de l’égalité professionnelle, de la prévention et de la lutte contre les violences faites aux femmes”, explique le texte. Sur ce dernier point et comme nous le révélions vendredi 12 janvier, le gouvernement compte prochainement publier une circulaire dans laquelle un plan “ambitieux” de formation initiale et continue est prévu pour prévenir les violences sexuelles et sexistes dans le secteur public [cliquez ici pour consulter notre article sur le sujet].

Rendre les agents acteurs de leur parcours professionnel. Pour ce faire, le schéma directeur recommande notamment de développer des “portefeuilles de compétences” dans le cadre d’expérimentations concernant des filières métiers, des territoires et des ministères ou de mettre œuvre une “nouvelle articulation” entre formation initiale et continue par le renforcement de l’évaluation des compétences et l’individualisation des parcours de formation. L’initiation d’une offre de formation professionnelle à l’attention spécifique des conseillers et acteurs RH en charge de l’accompagnement personnalisé des agents dans la construction de leur parcours est elle aussi préconisée. L’ensemble des outils de la formation professionnelle devront également être “mobilisés”, précise le projet de texte, notamment par une méthodologie “alternative aux bilans des compétences”, la création de structures internes “permettant d’effectuer” ces mêmes bilans, de dispositifs de passerelles au sein des écoles de service public “permettant de changer de métier et d’accéder dans une même catégorie à un autre corps” ou encore en favorisant la mutualisation interministérielle des actions de préparation aux concours.

Renforcer le pilotage de la politique de formation. C’est la première condition nécessaire au bon développement des axes du présent schéma directeur. Ce pilotage doit en effet être “renforcé dans un souci de qualité et de performance, en développant les logiques de coopération et de mutualisation”, souligne la DGAFP. L’administration du ministère de l’Action et des Comptes publics propose ainsi de développer une offre de formation interministérielle sur les filières métiers en s’appuyant “sur des chefs de file/pôles de compétence ministérielle dédiée”. L’occasion pour la DGAFP d’appeler à identifier des chefs de file au moyen de lettres de mission, en vue, ensuite, “d’élaborer des cahiers des charges et de lancer des marchés interministériels”. En régions, devrait aussi être expérimentée une démarche de “mutualisation des moyens de formation” dans la perspective in fine d’élaborer des schémas directeurs régionaux de la formation professionnelle tout au long de la vie des agents des services déconcentrés.