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La Cour des comptes appelle à lever les freins à la transformation digitale de l’État

7 févr. 2018, PAR Acteurs Publics
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Dans leur rapport public annuel, les magistrats de la Rue Cambon constatent que “l’administration est confrontée à une véritable guerre des talents” et appellent à créer “une filière de recrutement d’experts en numérique, informatique, cybersécurité”.


En progrès mais peut mieux faire. Dans son rapport public annuel [lire le chapitre Amplifier la modernisation numérique de l’État], rendu public le 7 février, la Cour des comptes publie un volet consacré à la stratégie numérique de l’État et à son pilotage par la direction interministérielle du numérique et du système d’information et de communication de l’État (Dinsic).

Les magistrats de la Rue Cambon adressent globalement un satisfecit. Ils constatent “des progrès dans l’organisation de la fonction et dans la définition de la stratégie” et appellent à amplifier le mouvement. La Cour salue notamment le placement sous l’autorité du Premier ministre de la Dinsic, opéré en 2017 par l’actuel gouvernement.

Sur la doctrine et la manière de fonctionner de la direction interministérielle, les magistrats financiers valident l’essentiel. La Cour salue la promotion de “l’État plate-forme” avec le partage et l’ouverture des API, des données, des codes sources, des logiciels libres – “le partage de développements libres apparaît comme un puissant facteur d’efficience et d’influence”, note le rapport. La mise en place d’un incubateur qui rassemble une communauté d’une soixantaine de personnes est également citée en exemple par la Cour, même si ce laboratoire a parfois du mal à diffuser ces nouvelles méthodes auprès des administrations de l’État.

Trop d’externalisation des compétences

Le rapport liste toutefois plusieurs freins. La Cour appelle à un créer d’urgence un programme budgétaire qui permette les dépenses numériques à vocation transversale. “Il est regrettable de devoir attendre l’attribution de 30 millions d’euros dans le cadre du Plan d’investissement d’avenir pour pouvoir fermer 16 centres informatiques ministériels en 2018”, souligne-t-elle, citant ainsi l’exemple du déploiement ralenti d’une offre interministérielle de téléphonie sécurisée faute de cadre budgétaire adapté.

La Cour appelle aussi à développer le capital humain au sein de l’État sur le numérique. “L’administration est confrontée à une véritable guerre des talents alors qu’elle avait trop largement externalisé ses compétences informatiques au cours des vingt dernières années”, indiquent les magistrats financiers, qui incitent l’État à renforcer “l’attractivité de l’État comme employeur en mobilisant l’ensemble des leviers autres que celui des seules rémunérations”. Parmi les recommandations, figure également la “création d’une filière de recrutement d’experts en numérique, informatique, cybersécurité”.

Enfin, le rapport déplore des lacunes dans la diffusion de la culture digitale auprès des agents publics et dans la formation. Et la Cour d’appeler à “former massivement et en continu l’ensemble des agents publics aux compétences nécessaires pour accomplir la révolution numérique”