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“Le temps des rafistolages” du système de santé est révolu, promet Édouard Philippe

13 févr. 2018, PAR Pierre Laberrondo
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Jacques Witt / Sipa/SIPA

Lors d’un déplacement dans le Val-d’Oise, mardi 13 février, le chef du gouvernement a promis une vaste réforme du système de santé qui comprendra plusieurs axes : qualité et pertinence des soins, modes des financements, numérique, formation et ressources humaines, organisation territoriale.


Le Premier ministre, Édouard Philippe, a annoncé, mardi 13 février, le lancement prochain d’une réforme “globale, cohérente, méthodique” de l’ensemble du système de santé, estimant que “le temps des rafistolages est révolu”. Le gouvernement “se donne trois mois pour y réfléchir intensément”, a-t-il ajouté lors d’un déplacement à Eaubonne (Val-d’Oise).
“Nous pourrions essayer de corriger deux ou trois choses ici ou là (…). Les Français ont conscience que le temps des rafistolages est révolu”, a-t-il dit.

Une concertation “à plusieurs niveaux” se déroulera de mars à mai, à la fois “au niveau local” pour “recueillir l’avis des acteurs du terrain” et au niveau national, notamment par une consultation en ligne. Le gouvernement a d’ores et déjà identifié “cinq grands chantiers” pour sortir d’un système de santé “cloisonné” et fondé sur une tarification à l’acte, la fameuse T2A, qui pousse à la “course aux volumes”, a indiqué Édouard Philippe.

Rééquilibrer la tarification à l’activité

Qualité et pertinence des soins, modes des financements, numérique, formation et ressources humaines, organisation territoriale : le Premier ministre a fixé la liste des priorités de sa ministre de la Santé, Agnès Buzyn. Pour conduire cette réforme d’ampleur, celle-ci bénéficiera d’une enveloppe budgétaire de 100 millions d’euros par an, “en plus” du budget de l’assurance maladie, ce qui “donnera un peu de marge pour accompagner les initiatives”, a précisé le chef du gouvernement.

S’agissant du mode de financement, et notamment du devenir de la tarification à l’activité, le Premier ministre s’est montré prudent. “L’enjeu n’est pas de supprimer la tarification à l’activité, mais de la corriger, de la rééquilibrer, a-t-il assuré. Pour y intégrer des objectifs plus collectifs. Pour intégrer dans les parcours les nouvelles pratiques de soins ambulatoires et d’hospitalisation à domicile”. Le Premier ministre a annoncé une réforme en profondeur du financement des soins en France.

Rappelant la promesse du candidat Macron (50 % maximum de tarification à l’activité), Édouard Philippe a indiqué qu’il fallait travailler pour construire les autres 50 %. “Ces évolutions doivent concerner tout le monde, y compris la médecine de ville, pour laquelle la différentiation des modes de rémunération doit aussi s’accélérer. Elles devront donc se décliner dans les futures discussions conventionnelles.”

Avec AFP