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Coup d’envoi des tractations pour le pilotage de la Banque centrale européenne

20 févr. 2018, PAR Acteurs Publics
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Luis de Guindos, ministre espagnol de l'Économie et futur vice-président de la BCE - Horst Wagner/EFE/SIPA

Luis de Guindos, ministre espagnol de l’Économie, a été désigné lundi 19 février par ses pairs de la zone euro comme futur vice-président de la Banque centrale européenne, ouvrant le bal du renouveau à la tête de l’institution bancaire. Un nouveau président devra notamment être nommé l’an prochain.


Réunis à Bruxelles lundi 19 février, les ministres des Finances des 19 pays ayant adopté la monnaie unique ont annoncé leur soutien à Luis de Guindos, âgé de 58 ans, pour le poste stratégique de vice-président de la Banque centrale européenne (BCE). Son unique rival, Philip Lane, le gouverneur de la Banque d’Irlande, avait annoncé son retrait.

La désignation du successeur du Portugais Vitor Constancio, qui quittera la vice-présidence de la BCE le 31 mai prochain, marque le début des tractations pour remplacer, au cours de ces deux prochaines années, 4 des 6 membres du directoire de l’organe exécutif de l’institution de Francfort, dont son président, l’Italien Mario Draghi, le 31 octobre 2019.

Le choix de Luis de Guindos pour ce poste a toutefois fait grincer des dents, notamment au Parlement européen, qui regrette de voir un politique nommé numéro 2 de la banque centrale de la zone euro. “Étant donné qu’il était ministre des Finances depuis 2011, sa désignation pourrait créer un conflit d’intérêts et saper l’indépendance de la gouvernance de la BCE”, a déclaré l’eurodéputée socialiste, la Française Pervenche Berès, dans un communiqué.

Lors d’une conférence de presse à Bruxelles juste après sa désignation, Luis de Guindos a promis qu’il “défendr[ait] l’indépendance de la BCE”. Et il a également annoncé qu’il présenterait dans les prochains jours sa démission en tant que ministre. 

Un Allemand pour la présidence ?

De l’avis de tous les analystes, la nomination de Luis de Guindos devrait accroître les chances de l’Allemagne d’occuper la présidence de la BCE l’an prochain. Un poste qu’elle n’a jamais eu depuis la création de cette institution, contrairement aux Pays-Bas, avec Wim Duisenberg, à la France, avec Jean-Claude Trichet, et à l’Italie, avec Mario Draghi, ce qui pourrait d’ailleurs aussi jouer en sa faveur. Parmi les successeurs potentiels de Mario Draghi, figure d’ailleurs l’Allemand Jens Weidmann, le patron de la Bundesbank et ancien conseiller de la chancelière Angela Merkel.

Trois Allemands occupent déjà de hautes fonctions dans la finance européenne : Klaus Regling, le président du Mécanisme européen de stabilité, dont la mission est d’aider les pays de la zone euro en difficulté, Werner Hoyer, qui dirige la Banque européenne d’investissement, et Elke König, à la tête du Conseil de résolution unique, chargé d’organiser la faillite ordonnée des banques en difficulté de la zone euro.

Si Jens Weidmann succédait à Mario Draghi, l’un des trois devrait probablement quitter son poste, soulignait récemment Carsten Brzeski, un économiste de la banque ING.

La décision finale sur la nomination de Luis de Guindos reviendra aux chefs d’État de l’Union européenne au cours d’un sommet les 22 et 23 mars à Bruxelles. Le Parlement européen et le conseil des gouverneurs de la BCE doivent également être consultés pour avis, mais ils n’ont pas de droit de veto.

(avec AFP)