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Coup de balai au sommet de l’armée saoudienne

27 févr. 2018, PAR Acteurs Publics
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Alex Brandon/AP/SIPA

Aucune explication officielle n’a été donnée à ces changements à la tête de l’armée, qui surviennent alors que le royaume d’Arabie Saoudite intervient militairement au Yémen depuis près de trois ans en soutien aux forces gouvernementales.


Le roi Salman d’Arabie Saoudite a opéré un remaniement majeur, aux allures de limogeage, à la tête de l’armée en remplaçant les principaux commandants militaires, y compris le chef d’état-major, ont annoncé, lundi 26 février, les médias d’État. Le monarque a remplacé les chefs de l’armée de l’air et de l’armée de terre, ainsi que des fonctionnaires civils, dont plusieurs sous-ministres, par une série de décrets royaux pris tard dans la nuit.

Le chef d’état-major, le général Al-Bunyan, a été démis de ses fonctions après avoir inauguré à Ryad le salon militaire Sami, organisé par les Industries militaires saoudiennes (Sami), la compagnie de défense nationale, un événement qui a attiré plusieurs entreprises de défense mondiales.

Le remaniement survient également au lendemain de l’annonce à Sanaa d’une “bavure” de la coalition emmenée par l’Arabie Saoudite, dont l’aviation aurait bombardé par erreur une base militaire de l’armée yéménite, son alliée, faisant entre 6 et 20 morts ainsi que 15 blessés, selon des sources militaires progouvernementales.

Une femme nommée ministre adjointe du Travail

Le roi Salman a également décrété une série de nominations de civils qui voit de plus jeunes fonctionnaires promus à des postes clés comme ministres adjoints, gouverneurs adjoints de provinces et conseillers à la Cour royale. Tamadar ben Yousef al-Ramah a été nommée ministre adjointe du Travail et du Développement social, un poste gouvernemental de haut niveau sans précédent pour une femme dans ce royaume conservateur.

Le prince Turki ben Talal, frère du prince milliardaire Al-Waleed ben Talal, a été nommé vice-gouverneur de la province d’Assir. Le prince Al-Waleed, surnommé “le Warren Buffett d’Arabie Saoudite”, faisait partie des princes, ministres et magnats détenus dans le luxueux hôtel Ritz-Carlton de Ryad dans le cadre d’une répression sans précédent contre ce que le gouvernement appelle “la corruption des élites”.

Sur les 381 suspects interrogés dans le cadre de cette campagne anticorruption lancée le 4 novembre, 56 sont toujours en détention. Et selon les accords conclus avec certains suspects, les autorités ont annoncé pouvoir récupérer plus de 400 milliards de riyals (86,5 milliards d’euros), remboursés sous forme d’avoirs immobiliers, commerciaux, en titres et en espèces.

Guerre par procuration

Le prince héritier Mohammed ben Salman, 32 ans, fils du roi saoudien, qui dirige le ministère de la Défense, consolide son emprise sur le pouvoir depuis quelques mois, tout en faisant avancer d’importantes réformes économiques et sociales. Le jeune prince poursuit une politique régionale affirmée, y compris la conduite depuis 2015 de l’intervention militaire au Yémen voisin, considérée comme une guerre par procuration avec l’Iran, l’ennemi juré.

Le conflit au Yémen est qualifié par les Nations unies de “pire crise humanitaire au monde”. Plus de 9 200 personnes ont été tuées, près de 53 000 ont été blessées et près de 2 200 autres sont mortes du choléra, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

L’Iran a affirmé lundi que le confit au Yémen était le résultat des ventes d’armes britanniques et américaines à l’Arabie Saoudite, rejetant les accusations selon lesquelles Téhéran envoyait des armes aux rebelles Houthis.

(avec AFP)