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La question de la frontière avec l’Irlande secoue le Royaume-Uni

28 févr. 2018, PAR Acteurs Publics
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Wiktor Szymanowicz/Shut/SIPA

Le ministre des Affaires étrangères Boris Johnson a jeté le doute quant à la position britannique sur la question irlandaise dans les négociations sur le Brexit, évoquant le possible retour d'une forme de frontière "dure" avec Dublin.


Alors que Londres a affirmé ne pas souhaiter le rétablissement d'une frontière « dure » entre la province d'Irlande du Nord et la République d'Irlande voisine, le chef de la diplomatie britannique, Boris Johnson semble au contraire ouvrir la voie à une telle possibilité. « Il est faux de considérer que la tâche consiste à ne maintenir aucune frontière », écrit ce partisan d'un Brexit sans concession, dans un document de travail adressé à la Première ministre Theresa May et cité par la chaîne Sky News. Cette position apparaît comme un revirement, Boris Johnson ayant affirmé à plusieurs reprises qu'il ne souhaitait pas un retour d'une frontière « dure ».

Sollicité à ce sujet, un porte-parole de Downing Street a refusé de commenter des « fuites » dans la presse. L'ancien vice-Premier ministre conservateur Michael Heseltine ne s'est en revanche pas privé, estimant que la lettre trahissait un « niveau remarquable de duplicité » de la part du ministre des Affaires étrangères. Alors que la polémique enflait, Boris Johnson, coutumier des sorties intempestives, a crié au procès en sorcellerie.

Éviter le rétablissement d'une frontière physique

« Ce qui se passe, c'est que la question de la frontière avec l'Irlande du Nord est régulièrement utilisée à des fins politiques pour tenter de maintenir le Royaume-Uni dans l'union douanière - en fait, le marché unique - de sorte que nous ne quittions pas vraiment l'UE », a-t-il déclaré à des journalistes mercredi 28 février.

Londres et Bruxelles sont parvenus en décembre à un accord préliminaire sur plusieurs questions clefs, dont celle de la frontière irlandaise, et l'exécutif britannique s'est engagé à éviter le rétablissement d'une frontière physique après la sortie de l'UE. Mais le règlement de la question n'est pas encore acquis et se heurte à la volonté du Royaume-Uni de quitter le marché unique et l'union douanière. Cette fuite dans la presse intervient alors que l'Union européenne publie ce mercredi sa première version du traité scellant le Brexit.

(avec AFP)