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Vers une “nouvelle gestion” de certains agents exerçant en préfectures

28 févr. 2018, PAR Bastien Scordia
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Parcours professionnels, mobilité, accès aux corps de niveau supérieur, … : dans une instruction adressée aux préfets, le 19 février, le ministère de l’Intérieur liste une série de directives pour une nouvelle gestion des attachés d’administration de l’État exerçant en préfectures et sous-préfectures. L’individualisation de la gestion de ce corps y est également préconisée


À en croire la Place Beauvau, c’était une nécessité. L’environnement des préfectures et des sous-préfectures ayant évolué du fait de la mise en œuvre du Plan préfecture nouvelle génération (PPNG), le rôle des attachés d’administration de l’État exerçant en leur sein se devait d’être “repensé“. Pour mener à bien cette réflexion sur leurs missions, un groupe de travail comprenant une trentaine d’attachés “affectés ou ayant été affectés“ s’est ainsi réuni sous la houlette du ministère de l’Intérieur au cours de l’année 2017. Le fruit de ces travaux, “ainsi que de la concertation menée“ avec les représentants du personnel, vient d’être dévoilée dans une instruction ministérielle datée du 19 février.

Signée des mains du directeur des ressources humaines du ministère de l’Intérieur, Stanislas Bourron, cette instruction détaille les orientations pour une “nouvelle gestion“ des attachés d’administration. Le tout afin d’aider ces derniers à se positionner comme des “rouages essentiels“ de la modernisation et de l’adaptation des services de l’État sur le territoire, précise le document révélé par FO Préfectures [cliquez ici pour le consulter].

Construction des parcours professionnels

Premier fil conducteur de ces directives : la construction des parcours professionnels. “Si les attachés d’administration de l’État ont vocation à être des généralistes leur permettant d’exercer, de manière polyvalente, des compétences transversales dans l’ensemble des services, il n’en demeure pas moins qu’ils doivent s’inscrire dans une logique de construction progressive de leur parcours professionnel, de manière à devenir des acteurs de la carrière, indique l’instruction.

Outre la maitrise d’un socle de compétences “dominantes“ (bagage juridique, compétence budgétaire, compétences cibles), la diversification des expériences des attachés d’administration fait également partie des “axes fondamentaux“ de la construction de leur carrière. Sur ce dernier point, les préfets sont ainsi invités à valoriser les postes d’expertise via des actions de communications, le renforcement de l’attractivité de ces postes par la prise en compte des expériences dans les critères de sélection, ou encore via des dispositifs de formation.

Du fait de la suppression de la plupart des fonctions de guichet ou du déploiement des missions prioritaires, les capacités d’expertise, de traitement des dossiers complexes ou la conduite de projets transversaux “prennent désormais une place déterminante dans leurs fonctions, précise l’instruction, et apparaissent aujourd’hui tout aussi importantes que l’aptitude à l’encadrement et au management d’équipes nombreuses, qui, si elle reste essentielle, est perçue trop souvent comme le critère unique du niveau de responsabilité du poste occupé.

Accès aux corps de niveau supérieur

Pour contribuer à la construction de véritables parcours professionnels, l’instruction de la Place Beauvau propose aussi de diversifier les postes permettant l’accès des attachés à un corps de niveau supérieur. Les fonctions identifiées comme préparant à cet accès, par le biais de la réussite aux tours extérieurs de sous -préfets et d’administrateurs civils, “doivent être à la fois plus nombreuses et plus variés, précise le document.

Les fonctions de secrétaire général de sous-préfecture “de taille importante, celles de directeur de préfecture ou de chargés de projet “peuvent, tout comme les fonctions de directeur des services de cabinet, favoriser l’accès aux corps supérieur, souligne le DRH Stanislas Bourron, sans plus de précisions. Celui-ci annonce également qu’une offre de formation en vue de la préparation du tour extérieur d’accès au corps des sous-préfets sera mise en place pour les attachés affectés en préfecture.

Mobilité repensée

La mobilité des attachés d’administration de l’État se doit aussi d’être “repensée comme un outil de construction“ de leur parcours professionnel. “La réalisation de choix judicieux va ainsi permettre l’élaboration d’un parcours riche et diversifié, souligne l’instruction.

Néanmoins, celle-ci juge comme préalablement “nécessaire“ d’instaurer une durée minimale de trois années sur poste pour les attachés d’administration “pour permettre l’acquisition de compétences indispensables au bon exercice des fonctions, à la maitrise des dossiers à traiter, ainsi qu’à la conception puis à la mise en œuvre de projets éventuels.  Une durée comme “cible de référence pour la gestion de la carrière.

À l’inverse, “il va de soi qu’une durée excessive en poste est à éviter de façon à favoriser la remise en question constructive des réflexes professionnelles à l’épreuve des faits et d’environnements évolutifs, précise l’instruction. Le ministère de l’Intérieur estime également comme “fondamentale“ la mobilité géographique, qui “doit continuer à être valorisée“, mais aussi d’inciter les attachés à diversifier leurs expériences en effectuant des mobilités au sein d’autres services relevant de la Place Beauvau, de structures interministérielles (directions départementales interministérielles, directions régionales, …) ou d’autres fonctions publiques.

Gestion individualisée

L’optique d’une gestion “plus individualisée“ du corps des attachés d’administration de l’État y est aussi préconisée. Un objectif rendu nécessaire, selon l’instruction, par l’évolution des missions des préfectures, la diversification des parcours et l’exigence croissante des attachés à “exercer des fonctions correspondant à leurs aspirations. Rien de très nouveau donc, le président de la République, Emmanuel Macron, ayant affiché lors de la campagne sa volonté d’individualiser la gestion des carrières des fonctionnaires.

Les règles de gestion devant “davantage tenir compte de leur souhait de concilier vie privée et vie professionnelle, sans pour autant renoncer à une progression de carrière, la DRH du ministère de l’Intérieur devra notamment améliorer sa connaissance des agents du corps en identifiant des viviers de compétences et pourra ainsi “mieux répondre aux besoins de recrutement exprimés par le corps préfectoral.

Les bureaux des ressources humaines des préfectures devront pour leur part “perfectionner l’accompagnement des attachés“ en identifiant leurs souhaits de mobilité et d’évolution professionnelle “plus en amont“ et leurs besoins de formation.

Une “attention particulière devra également être accordée aux nouveaux attachés“ arrivant dans les services. Et ce, tant par le biais des concours que des examens professionnels, voire même d’une mutation pour les attachés venant d’autres ministères. Cet accompagnement pourrait notamment se matérialiser par la mise en place d’un dispositif “de tutorat. Un système de “mentorat“ pourrait lui aussi être insaturé “afin d’accompagner“ les attachés dans le déroulement de leurs carrières et qui souhaiteraient notamment évoluer.