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Les universités britanniques en grève contre la réforme des retraites

7 mars 2018, PAR Acteurs Publics
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eoff Robinson/REX/REX/SIPA

Les membres de 64 universités et colleges du royaume-Uni sont en grève depuis le 22 février pour manifester contre un changement de calcul de leurs pensions qui pourrait leur faire perdre jusqu’à 9 000 euros annuels de retraite.


À l’appel du syndicat University and College Union, les personnels de 64 universités sont en grève contre les changements du mode de calcul de leur pension. Le mouvement s’est poursuivi depuis le 22 février dernier de manière intermittente, puis ininterrompue depuis huit jours. Près d’1 million d’étudiants sont concernés par cette grève, la plus importante depuis 2013, y compris au sein des universités d’Oxford et Cambridge, qui fonctionnent au ralenti.

La raison de cette colère est que les universités britanniques veulent remplacer un schéma où la retraite de leurs employés est connue à l’avance et garantie par un système où c’est la contribution de chaque personnel qui est connue. Selon le nouveau schéma présenté, les sommes seraient investies dans des fonds, ce qui signifie que les montants des retraites fluctueraient selon les cours de la bourse. 

Le syndicat, qui représente 110 000 personnels et enseignants, affirme que les jeunes enseignants seraient les plus touchés, certains pouvant perdre jusqu’à la moitié de leur pension.

Déficit galopant

Les universités britanniques indiquent que leur régime de retraite présente un déficit de 5 milliards d’euros qui ne peut être ignoré et qu’elles sont légalement tenues de mettre en place un “plan crédible” pour y remédier dès cet été. “Le déficit s’est creusé d’un tiers depuis 2014 et devrait augmenter de 900 millions d’euros chaque année”, a souligné un porte-parole des universités.

Elles ajoutent que, sans réforme, les cotisations de retraite devraient augmenter fortement et entraîneraient des réductions de dépense dans d’autres domaines comme l’enseignement, le soutien aux étudiants et la recherche.

Les 35 rencontres qui ont eu lieu depuis un an entre le syndicat et les représentants des universités n’ont pas abouti. Le syndicat a planifié que cette grève se poursuivra de manière intermittente jusqu’au 16 mars. Il a annoncé que son préavis de grève s’étend jusqu’à fin juillet et qu’il pourrait bloquer les examens et les remises de diplômes. Des discussions sont en cours entre le gouvernement et des responsables du syndicat, sans avancée notable. Parallèlement à cette grève, plus de 126 000 étudiants de 30 universités ont signé une pétition demandant un remboursement partiel de leurs frais annuels en fonction des cours supprimés.

Jean-Bernard Gallois