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Thomas Rougier : “Cap sur la data de l’investissement local”

30 mars 2018
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Opérationnel depuis la fin de l’année dernière et créé par la loi NOTRe de 2015, l’Observatoire des finances et de la gestion publique locale (OFGPL) va mettre une ligne une plateforme dédiée à l’investissement local, explique son secrétaire général Thomas Rougier. Objectif : confronter les données existantes et ainsi démêler le vrai du faux sur le sujet.


L’observatoire des finances et de la gestion publique locale (OGPL) vient de présenter ses données sur l’investissement local. Le rebond a-t-il vraiment eu lieu l’année dernière ?

Même si la reprise se confirme en 2017 à +6,5%, ce rebond intervient avec une année de retard par rapport au traditionnel cycle électoral d’investissement. Cette bonne nouvelle est d’autant plus à relativiser que le montant constaté l’année dernière demeure faible en comparaison des vingt dernières années. Si l’augmentation de la population et les effet prix sont corrigés, le niveau d’investissement constaté l’année dernière est inférieur de près de 13% à la moyenne des deux dernières décennies. Soit un montant inférieur de près de 5 milliards d’euros, ce qui peut soulever des inquiétudes sur l’état du patrimoine public. Derrière ces chiffres macroéconomiques, il y a des situations individuelles très différentes : la répartition des compétences, le mode de gestion des échelons, l’intervention des syndicats de communes sur leur territoire, … C’est autant de disparités et d’explications qu’il s’agit désormais d’observer. Mais difficile de trouver une méthode unique pour définir le niveau idéal d’investissement.

Existe-t-il ainsi un véritable manque en matière d’évaluation de l’investissement local ?

Beaucoup de choses ont déjà été faites sur la disparité de l’investissement local, notamment de la part des administrations centrales ou des associations de collectivités. Il s’agit maintenant de se mettre d’accord sur l’évaluation des montants de l’investissement local. Aller creuser les sujets de préoccupation des collectivités, c’est tout l’objectif de notre observatoire. On va parfois expliquer pourquoi coexistent des écarts entre les sources et donc entre leurs interprétations par les élus. Il faut désormais clarifier ces différences d’appréciation. L’Observatoire ne se substituera pas pour autant à la direction générale des collectivités locales (DGCL) ou à la direction générale des finances publiques (DGFiP), bien au contraire. L’observatoire est tant au service de la DGCL que des élus locaux.

Comment l’Observatoire compte-t-il parvenir à cette clarification ?

Notre Conseil d’orientation nous a donné l’objectif de participer à la phase d’ouverture des données des collectivités et des administrations. Au-delà des études ponctuelles que l’on effectuera sur des sujets spécifiques, nous allons proposer une plateforme de consultation interactive des données sur l’investissement local, en principe dès le mois de mai. Il s’agira de fournir à chaque utilisateur les données qui les intéressent et de proposer la data visualisation adéquate. Le tout afin de leur mettre à disposition des données individuelles et de leur donner la capacité de comparer telle ou telle situation et ainsi démêler véritablement le vrai du faux. On conseillera par exemple de regarder un peu du côté des budgets annexes et plus seulement du côté des budgets principaux. Il faut vraiment poursuivre la démarche d’ouverture et de transparence sur les finances locales.

Propos recueillis par Bastien Scordia

Chute des subventions d’équipement versées entre collectivités

 

L’Observatoire des finances et de la gestion publique locales (OFGPL) a présenté, mardi 27 mars, une étude portant sur les subventions d’équipement versées entre collectivités locales. Celles-ci étaient évaluées à 3,1 milliard d’euros en 2017. Un montant en repli (- 5 %), alors même que les dépenses d’équipement des collectivités locales “connaissent une reprise sensible estimée à + 6,5 %”.

“Ces cofinancements reculent très sensiblement sur les trois dernières années connues (- 19,7 % entre 2013 et 2016), traduisant une baisse des demandes en provenance du bloc communal mais également, du côté des financeurs, une utilisation de ces modalités de soutien comme variable d’ajustement face à leurs propres contraintes financières”, précise l’observatoire dans son étude [cliquez ici pour la consulter]