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La Cour des comptes souligne l’ampleur du recours aux contractuels à l’école

31 mai 2018, PAR Acteurs Publics
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FRED SCHEIBER/20 MINUTES/SIPA

Les agents contractuels de l’éducation sont principalement des enseignants (des remplaçants non titulaires), mais aussi des assistants d’éducation, des accompagnants d’élèves en situation de handicap et des personnes en contrat aidé, note la Cour des comptes dans un rapport publié le 30 mai.


La Cour des comptes souligne “l’ampleur” du recours aux contractuels dans l’éducation nationale, un chiffre en hausse pour l’année scolaire 2016-2017, qu’elle explique par la “crise profonde d’attractivité” du métier d’enseignant et par les conditions très strictes de remplacement des absents. Les agents contractuels sont principalement des enseignants (des remplaçants non titulaires), des assistants d’éducation, des accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH) et des personnes en contrat aidé, rappelle la Cour des comptes dans un rapport publié le 30 mai (cliquez-ici pour le consulter).

Ils représentaient près de 20 % des effectifs du système scolaire sur l’année scolaire 2016-2017, soit quelque 200 000 personnes. Concernant les seuls enseignants non titulaires, leur nombre a augmenté de 15 % en deux ans, à plus de 30 000 équivalents temps plein. Les contractuels “ne peuvent plus être considérés comme simple variable d’ajustement”, souligne la Cour des comptes.

Le “vivier” des professeurs titulaires remplaçants est en effet affecté dès le début d’année scolaire sur des postes non pourvus, notamment dans le second degré. La Cour des comptes rappelle ainsi que 15 % des postes ouverts au concours du Capes en 2016 n’ont pas été pourvus (un taux qui est monté à 21 % pour les mathématiques). Les remplacements en cours d’année sont, eux, effectués de plus en plus souvent par des contractuels. “Comme l’a déjà souligné la Cour en 2013 et 2017, le métier d’enseignant connaît une crise profonde d’attractivité, désormais structurelle”, note le rapport.

Annualisation et polyvalence

C’est dans les académies de Versailles, Créteil et Lille que les contractuels sont les plus nombreux. En Seine-Saint-Denis (qui dépend de l’académie de Créteil), près de 14 % des enseignants sont des contractuels, soit le taux le plus élevé des départements de métropole.

Des contractuels dont “un grand nombre” prennent leurs fonctions “sans préparation”, selon les magistrats de la Rue Cambon. Le niveau de qualification demandé n’est pas uniforme, mais on peut être recruté, à titre exceptionnel, à bac + 2, en l’absence de candidats et dans les académies rencontrant des difficultés dans certaines disciplines.

Pour la Cour des comptes, “l’ampleur de la croissance” des emplois contractuels “est la conséquence de l’absence de réformes structurelles”. Elle rappelle ses recommandations, émises depuis 2013 : annualisation du temps de travail des enseignants et plus grande polyvalence disciplinaire des professeurs de collège et de lycée. Deux mesures qui faciliteraient, selon elle, la gestion des remplacements des professeurs absents. Les syndicats enseignants sont farouchement hostiles à ces deux recommandations.

Avec AFP