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Les fonds de cohésion européens plus orientés vers le Sud que vers l’Est

31 mai 2018, PAR Acteurs Publics
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La commissaire chargée de la Politique régionale, Corina Cretu, et le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, le 1er décembre 2017. - © Armando Franca/AP/SIPA

La Commission européenne a proposé une réorientation des fonds selon de nouveaux critères dans le budget 2011-2027. Pour soutenir l’accueil des migrants, l’Italie et la Grèce pourraient recevoir plus d’argent, alors que la Pologne et la Hongrie verraient leurs fonds baisser de 20 %.


Coup de pouce au Sud. En présentant devant le Parlement européen sa nouvelle stratégie en matière de fonds de cohésion, la Commission européenne a changé la destination de cette enveloppe, qui représente pas moins d’un tiers du budget européen (1 100 milliards d’euros entre 2021 et 2027).

Dans le document que l’exécutif européen va négocier avec les États et le Parlement, les fonds de cohésion seront toujours principalement attribués aux pays dont le PIB par habitant est situé sous un certain seuil. Les trois catégories des “régions en développement”, “régions en transition” et “régions développées” vont subsister.

Mais la Commission souhaite tenir davantage compte de critères comme le chômage des jeunes ou l’accueil des migrants. Ainsi, les régions italiennes pourraient recevoir près de 10 milliards d’euros supplémentaires du budget européen sur la période 2012-2027.  Au contraire, les anciens pays communistes d’Europe centrale vont toucher moins que prévu. La Pologne pourrait ainsi connaître un budget de cohésion en baisse de 82 milliards d’euros en sept ans, mais elle demeurerait un des premiers pays bénéficiaires. De même, la Hongrie pourrait voir baisser son budget de 20 %. “Les pays comme la Slovaquie, les pays baltes ou la Pologne reçoivent moins d’argent dans notre proposition de budget parce qu’ils sont devenus plus compétitifs, qu’ils ont grandi économiquement”, a développé le commissaire au Budget, Günther Oettinger, devant les eurodéputés.

Compromis peu probable

“Nous proposons aujourd’hui une politique de cohésion pour toutes les régions, qui ne laisse personne de côté”, a indiqué Corina Cretu, la commissaire chargée de la Politique régionale, en ajoutant que celle-ci était “adaptée aux nouvelles priorités”.  Dans certaines régions allemandes, la population a doublé à la suite de l’arrivée massive de migrants. La Pologne considère la chute drastique de ses subsides comme une punition en raison du fait qu’elle refuse d’accueillir des migrants. Le responsable des affaires étrangères du pays, Konrad Szymanski, a jugé cette nouvelle politique “inacceptable”. “Nous rejetons toute proposition discriminatoire à l’égard de la Pologne et de la région”, a-t-il lancé.

Les tractations promettent d’être tendues autour de ce budget 2021-2027, qui requiert une décision unanime des États membres de l’Union. En prévision du Brexit, la Commission a proposé une coupe globale de 7 % dans la politique de cohésion, un chiffre que les députés contestent. D’après les calculs des services du Parlement, les projets de l’exécutif européen aboutiraient à une baisse de 10 % au total, dont une réduction de 45 % aux fonds de cohésion destinés aux pays les moins développés. La bataille budgétaire pourrait durer longtemps et un compromis avant les élections européennes de mai 2019 semble désormais peu probable, tant les positions des différents États sont éloignées.

Jean-Bernard Gallois

Régions de France plaide la cause des régions d’Europe
Les régions françaises ont défendu le maintien de la politique de cohésion européenne et de la politique agricole commune (PAC) lors d'une rencontre avec le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, jeudi 31 mai à Bruxelles. Une délégation de l’association Régions de France, conduite par son président, Hervé Morin, a fait part au président de la Commission européenne de la déception des régions “quant à la baisse globale du budget consacré à ces deux politiques historiques à fort impact territorial”. “Ces politiques sont particulièrement importantes pour assurer la cohésion économique, sociale et territoriale sur le continent européen comme dans les régions d'outre-mer”, souligne Régions de France.