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Les socialistes reviennent au pouvoir en Espagne

1 juin 2018, PAR Acteurs Publics
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Le leader des socialistes espagnols et futur Premier ministre, Pedro Sanchez - Francisco Seco/AP/SIPA

La nouvelle majorité, hétéroclite, comprend les 84 députés socialistes alliés à Podemos, aux indépendantistes catalans et aux nationalistes basques, pesant au total 180 voix sur 350 députés. Après six années au pouvoir, Mariano Rajoy a été renversé par le Parlement espagnol.


Le socialiste Pedro Sanchez s’apprêtait, vendredi 1er juin, à accéder au pouvoir en Espagne après avoir convaincu une majorité hétéroclite de renverser le conservateur Mariano Rajoy, qui a jeté l’éponge.

L’Espagne tourne ainsi la page Rajoy. Celui qui gouvernait depuis six ans a reconnu, vendredi 1er juin au matin, avant même le vote, qu’une majorité des députés allait approuver la motion de censure déposée par le Parti socialiste (PSOE) de Pedro Sanchez et porter ce dernier à la tête du gouvernement. La motion contre le dirigeant conservateur a été adoptée, comme prévu, en fin de matinée, à une majorité de 180 députés sur 350. 

Au pouvoir depuis décembre 2011, Mariano Rajoy, 63 ans, avait survécu à plusieurs crises majeures : de la récession, face à laquelle il a imposé une sévère cure d’austérité, aux mois de blocage politique en 2016, jusqu’à la tentative de sécession de la Catalogne l’an dernier.

Coup de poker politique

À 46 ans, Pedro Sanchez tient sa revanche, lui dont l’investiture à la tête du gouvernement avait été rejetée par les députés en mars 2016, avant qu’il ne réalise, en juin de la même année, le pire score de l’histoire du PSOE aux élections législatives. Débarqué de sa formation à la suite de cette déroute électorale, il en a repris les rênes l’an dernier grâce au soutien de la base contre les barons du PSOE.

Monté au front contre Mariano Rajoy dès l’annonce, jeudi 31 mai, de la condamnation du PP dans un mégaprocès pour corruption, baptisé Gürtel, il a tenté, cette fois avec succès, un coup de poker politique. Mais il a dû former autour des 84 députés socialistes une majorité hétéroclite, allant de Podemos aux indépendantistes catalans et aux nationalistes basques, et pesant au total 180 voix sur 350 députés. 

Promesses aux Basques et aux Catalans

Reste à savoir désormais combien de temps Pedro Sanchez, qui veut faire adopter des mesures sociales et a promis de convoquer par la suite des élections, sera en mesure de gouverner avec une majorité qui apparaît aussi instable. 

Afin de convaincre le Parti nationaliste basque, le futur chef du gouvernement a dû assurer qu’il ne toucherait pas à ce budget qui prévoit des largesses financières pour le Pays basque. Il a en outre promis aux indépendantistes catalans qu’il essaierait de “jeter des ponts pour dialoguer” avec le gouvernement régional de Quim Torra.

(avec AFP)