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En Jordanie, un projet de hausse des impôts fait chuter le Premier ministre

5 juin 2018, PAR Acteurs Publics
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Manifestation devant les bureaux du Premier ministre jordanien, à Amman, le 4 juin 2018. - © Raad Adayleh/AP/SIPA

Sous la pression du FMI, le royaume hachémite veut augmenter les impôts des particuliers et des entreprises provoquant des manifestations dans le tout le pays. La Jordanie, dont l’économie est au plus mal, a dû accueillir, ces dernières années, des centaines de milliers de réfugiés syriens.


Le Premier ministre jordanien, Hani Mulqi, a été contraint à la démission lundi 4 juin, après plusieurs jours d’une contestation populaire inédite depuis des années dans le royaume contre un projet de réforme fiscale et la hausse des prix. Le roi Abdallah II a aussitôt désigné le ministre de l’Éducation, Omar al-Razzaz, pour former un nouveau gouvernement.

Alors que la Jordanie est sous la pression du Fonds monétaire international (FMI) pour mener des réformes et réduire ses déficits, un récent projet fiscal et l’annonce d’une hausse de certains prix ont suscité une contestation grandissante contre le gouvernement Mulqi.

La colère populaire vise un projet de loi élargissant l’impôt sur le revenu à des salaires plus modestes. Présenté sur recommandation du FMI, il prévoit une augmentation d’au moins 5 % des impôts pour les particuliers et impose désormais les personnes ayant un salaire annuel de 8 000 dinars (environ 9 700 euros). Les impôts des entreprises doivent augmenter de 20 à 40 %, dans un pays à l’économie affaiblie.

Réduire la dette publique

L’accueil de centaines de milliers de réfugiés syriens ayant fui la guerre dans leur pays, voisin de la Jordanie, pèse lourdement sur les finances du royaume hachémite, où 18,5 % de la population sont au chômage et 20 % à la limite du seuil de pauvreté, selon des chiffres officiels.

Depuis cinq jours, des milliers de personnes se sont rassemblées en soirée devant les bureaux du Premier ministre à Amman, réclamant sa démission. Ce mouvement de contestation, qui a touché d’autres villes, est le plus important depuis fin 2011 dans ce pays de quelque 10 millions d’habitants. À l’appel des syndicats, une journée de grève nationale doit être observée mercredi 6 juin.

En 2016, le FMI a approuvé une ligne de crédit de 617 millions d’euros sur trois ans. En contrepartie, le royaume jordanien s’est engagé à mettre en place des réformes structurelles pour, entre autres, réduire progressivement sa dette publique à 77 % du produit intérieur brut (PIB) d’ici 2021, contre 94 % en 2015.

(avec AFP)