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Le fonds InvestEU va succéder au plan Juncker à partir de 2021

14 juin 2018, PAR Acteurs Publics
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Werner Hoyer, président de la Banque européenne d’investissement, qui pilote l’actuel plan Juncker. - © Geert Vanden Wijngaert/AP/SIPA

La Commission européenne veut rassembler tous les instruments d’investissement de l’Union européenne au sein d’un nouveau fonds qui financera toujours des projets innovants et à risque. L’exécutif européen espère lever 650 milliards d’euros d’investissements supplémentaires entre 2021 et 2027.


Le plan Juncker va disparaître, vive InvestEU ! Le nouveau fonds proposé par la Commission européenne prolonge le plan initié par le président de l’exécutif en 2014, sous l’appellation Invest EU. Doté de 15,2 milliards d’euros, ce fonds ambitionne de soutenir des projets à hauteur de 650 milliards d’euros avec le privé durant le prochain budget financier de l’Union européenne, entre 2021 et 2027. Comme le plan Juncker, InvestEU ciblera les projets les plus prometteurs et les plus risqués qui n’auraient pas pu obtenir un financement via le circuit traditionnel de la Banque européenne d’investissement.

La Commission souhaite que 15,2 milliards d’euros du prochain budget 2021-2027 y soient dédiés. Elle affirme que cette garantie mobilisera 650 milliards d’euros d’investissement supplémentaires à travers l’Union européenne. Le chiffre peut paraître élevé, mais le plan Juncker a réussi à mobiliser 315 milliards d’euros d’investissements de 2015 à 2018 et vise 500 milliards à l’horizon 2020.

Efforts pour simplifier

Après l’expérience du plan Juncker, qui avait été critiqué pour sa complexité, InvestEU se veut plus simple. Tout d’abord, il rassemblera 14 instruments financiers existants sous un seul fonds. Ensuite, cet instrument se concentrera sur 4 domaines prioritaires pour l’Union européenne, contre 7 secteurs auparavant : l’investissement dans l’infrastructure durable ; la recherche, l’innovation et la numérisation ; les petites et moyennes entreprises et l’investissement social.

Enfin, une autre critique reprochait au plan Juncker de manquer de dimension régionale. InvestEU sera toujours géré par la Commission européenne avec la BEI pour partenaire principale. Mais des banques régionales, nationales ou d’autres institutions pourraient devenir partenaires pour mieux répondre aux besoins locaux.

Soutien des 27

La Commission européenne espère aussi que les promoteurs de projets régionaux seront plus nombreux. Pour ce faire, elle fluidifie davantage sa communication : les 13 services d’assistance fusionneront pour devenir une seule et unique plate-forme de conseil.

Reste désormais à obtenir l’accord des 27 États membres de l’UE sur ces propositions, qui devrait intervenir en 2019. Si tous soutiennent le plan d’investissement, son adoption dépend de l’accord sur le budget 2021-2027 qui, lui, divise les pays, en particulier sur les sujets de la politique agricole commune et des fonds de cohésion.

Jean-Bernard Gallois