Quantcast

L’Argentine de nouveau sous la pression du Fonds monétaire international

29 juin 2018, PAR Acteurs Publics
  • 02
    MIN
  • 0

Manifestation le 25 juin 2018 à Buenos Aires, à l'occasion de la grève générale - DAVID FERNANDEZ/EFE/SIPA

Une grève générale a paralysé le pays, lundi 25 juin, au moment où le Fonds monétaire international versait la première tranche d’un prêt de 50 milliards de dollars. Ce retour sous la coupe du FMI inquiète la population, traumatisée par la crise du début des années 2000.


L’Argentine a reçu, il y a quelques jours, 15 milliards de dollars du Fonds monétaire international (FMI), soit la première tranche d’un prêt de 50 milliards de dollars destiné à stabiliser à long terme la troisième économie d’Amérique latine, qui souffre d’une fragilité chronique.

Après une crise du peso argentin, qui s’est considérablement déprécié depuis le début de l’année, le Président argentin a sollicité un prêt au FMI pour éviter une crise, selon le gouvernement. L’Argentine avait besoin de se financer, mais les portes se sont fermées pour lever des fonds sur les marchés internationaux. L’objectif est de renforcer les réserves en devises du pays, de stabiliser un marché des changes volatil, alors que le peso s’est déprécié de 35 % depuis le 1er janvier.

En échange du prêt, le pays s’est engagé à tailler dans les dépenses publiques pour rétablir l’équilibre budgétaire à l’horizon 2020. Un retour au cauchemar du début des années 2000 pour de nombreux Argentins, qui reprochent au FMI d’être coresponsable de la crise économique de 2001. Le Fonds avait participé à l’élaboration de la politique économique des années 1990, qui a conduit le pays au défaut de paiement, Buenos Aires étant incapable de faire face aux échéances de remboursement de sa dette.

Endettement massif

Le recours au FMI intervient douze ans après le remboursement anticipé de 10 milliards de dollars, en 2006, quand l’ex-Président Nestor Kirchner avait décidé de rompre avec le Fonds. À cette époque, les prix du soja et les matières premières agricoles exportés par l’Argentine flambaient sur les marchés internationaux.

Arrivé au pouvoir fin 2015, le Président de centre-droit Mauricio Macri a engagé des réformes pour diminuer le déficit public, selon un plan progressif, mais cette politique a mal tourné. Le pays s’est endetté de 70 milliards, ce qui l’a empêché se financer sur les marchés.

Lundi 25 juin, l’Argentine a été pratiquement paralysée par une grève générale de 24 heures, à l’appel des principaux syndicats, pour protester contre la politique gouvernementale et la conclusion de l’accord avec le FMI.

(avec AFP)