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Cure d’austérité pour la fonction publique au Gabon

5 juil. 2018, PAR Acteurs Publics
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Le Président gabonais, Ali Bongo Ondimba. - © Diomande Ble Blonde/AP/SIPA

Les mesures décidées par Libreville, qui touchent dans un premier temps la haute fonction publique, visent à réduire de manière drastique la masse salariale du secteur public. Le Gabon traverse une grave crise budgétaire liée, notamment, à la chute des revenus pétroliers.


C’est un tour de vis sans précédent que le Président gabonais, Ali Bongo Ondimba, vient de décider pour faire face à la situation budgétaire délicate que traverse son pays. Alors que les ressources budgétaires du Gabon se sont effondrées ces dernières années avec la baisse des cours du pétrole, l’exécutif va tailler dans le vif des dépenses de personnel de l’État, en commençant symboliquement par le sommet.

Première mesure symbolique, le chef de l’État a décidé de rendre à leur administration d’origine 40 % des personnels de la présidence de la République [lire les comptes rendus des Conseils des ministres des 29 juin et 4 juillet]. “La présidence de la République, en tant que première institution du pays, se doit de faire preuve d’exemplarité et indiquer le chemin à suivre par le reste de l’administration”, a-t-elle indiqué.

Par ailleurs, le cabinet du Premier ministre passera de 237 membres à 117, tandis que les effectifs du secrétariat général du gouvernement seront ramenés de 94 à 45 agents. La Présidence a annoncé une série de mesures, comme la réduction de près de moitié des établissements publics personnalisés et des agences publiques, la fin des voyages en classe affaires pour les déplacements en avion sauf pour les membres du gouvernement, l’interdiction d’acquérir des véhicules de plus de 30 millions de francs CFA (45 700 euros) dans toute l’administration et les autres services publics.

Réduction de 30 % de la masse salariale

Ces mesures s’ajoutent à des décisions qui, à partir de fin juillet, toucheront les fonctionnaires les mieux payés, passant par une importante réduction des salaires, proportionnelle au montant touché : moins 5 % pour ceux compris entre 650 000 et 1,5 million de francs CFA (de 989 à 2 283 euros), moins 15 % pour ceux dépassant 2 millions (3 000 euros). Par ailleurs, le gouvernement va lancer une nouvelle chasse aux fonctionnaires “fictifs” ou qui perçoivent plusieurs salaires.

L’organisation Dynamique unitaire, qui regroupe plusieurs syndicats, a dénoncé ces annonces, affirmant que les fonctionnaires n’étaient pas responsables de “la gabegie ayant conduit le Gabon dans une impasse financière insurmontable”. Les syndicats, qui estiment ne pas avoir “à subir les mesures d’austérité exigées par le Fonds monétaire international (FMI), qui impose la diminution du train de vie de l’État”, ont prévu de se réunir le 11 juillet en assemblée générale pour décider des suites à donner à ces mesures d’austérité.

Avec l’appui du FMI, le gouvernement gabonais veut faire passer la masse salariale du secteur public en dessous de 500 milliards de francs CFA (762 millions d’euros) par an contre 720 milliards de francs CFA (1,1 milliard d’euros) en 2017.

(avec AFP)