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Union européenne : les négociations d’adhésion avec l’Albanie et la Macédoine reportées d’un an

6 juil. 2018, PAR Acteurs Publics
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Le Premier ministre macédonien, Zoran Zeav (à gauche), et son homologue grec, Alexis Tsipras, le 17 juin 2018 lors de la signature de l’accord sur le nouveau nom de cet état des Balkans, la République de Macédoine du Nord. - © Dimitris Tossidis/Intim/SIPA

Alors que tous les États membres de l’Union européenne voulaient donner leur feu vert aux discussions en vue de l’élargissement, la France, le Danemark et les Pays-Bas ont demandé au préalable de nouvelles réformes au sein de l’UE. Paris serait préoccupé d’une montée du sentiment antimigrants dans l’opinion française et préfère reporter le début des négociations après les élections européennes de mai 2019.


Voilà un coup d’arrêt inattendu. La dynamique d’élargissement de l’Union européenne (UE) dans les Balkans occidentaux, portée par le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, et par l’Allemagne, a été ralentie la semaine dernière par la France, le Danemark et les Pays-Bas. Après 10 heures de débats, les 3 États ont obtenu le report d’un an de toute négociation d’adhésion pour la Macédoine et l’Albanie.

Chef de file de cette opposition, Emmanuel Macron a estimé que l’Union européenne devait d’abord se réformer avant d’ouvrir la porte à de nouveaux membres. Selon des sources diplomatiques, le refus du Président français de lancer les négociations d’adhésion répondrait à sa volonté de ne pas risquer une montée du sentiment antimigrants dans l’opinion française à l’approche des élections européennes de mai 2019.

Le Président français concentre tous ses efforts dans l’approfondissement de la zone euro pour les années 2021-2027. Il a obtenu le principe d’un budget propre aux 19 pays qui ont adopté la monnaie unique et l’achèvement de l’union bancaire.

Serbie et Monténégro dans l’UE d’ici 2025 ?

L’Albanie et la Macédoine avaient obtenu le soutien de la Commission européenne, qui a recommandé l’ouverture de négociations sur leur adhésion en février dernier. La Commission souhaite ancrer les Balkans occidentaux dans l’UE “dans l’intérêt économique, sécuritaire et politique de l’Union”, avait estimé Federica Mogherini, la haute représentante européenne pour les affaires étrangères, voici quatre mois.

Les deux États avaient aussi obtenu le soutien de la majorité des États membres depuis la signature, à la mi-juin, d’un accord résolvant le conflit entre la Grèce et la Macédoine sur le nom de cette dernière, qui perdurait depuis des dizaines d’années.

L’élargissement de l’Union européenne est l’une des 10 priorités de la Commission européenne. L’Albanie et la Macédoine, comme la Bosnie, le Kosovo, le Monténégro et la Serbie, aspirent tous à rejoindre l’UE. Des négociations sont déjà engagées avec la Serbie et le Monténégro, qui pourraient intégrer l’UE d’ici 2025. Le Monténégro, qui a ouvert 28 chapitres de négociations sur 35, doit mener des réformes sur la corruption étatique et la lutte contre le crime organisé. Quant à la Serbie, qui a ouvert 4 chapitres sur 35, elle doit mettre en œuvre des mesures pour faire évoluer son système judiciaire.

Jean-Bernard Gallois