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Philippe Bélaval missionné par Françoise Nyssen sur l’organisation des services du patrimoine

5 juil. 2018, PAR Shahinez Benabed
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Thibault Chapotot, Sciences Po Toulouse

Ce conseiller d’État en service détaché, actuellement président du Centre des monuments nationaux, a notamment été directeur général des patrimoines, au ministère de la Culture, de 2010 à 2012.


Dans le cadre d’un comité technique ministériel qui s’est tenu mercredi 4 juillet, la ministre de la Culture, Françoise Nyssen, a annoncé avoir confié à Philippe Bélaval, conseiller d’État en service détaché et président du Centre des monuments nationaux, une mission d’évaluation de l’organisation des services du patrimoine.

L’objectif de la mission, qui intervient alors que des chantiers relatifs à la transformation du ministère, et de l’État, sont en cours, est notamment d’“interroger les résultats” de la mise en œuvre de l’organisation des services du patrimoine, mise en place en 2010 suite à la Révision générale des politiques publiques (RGPP), indique un communiqué du ministère. Rappelons qu’à cette date, le secteur du patrimoine avait vu la création d’une direction générale des patrimoines unique, regroupant les fonctions des secteurs de l’archéologie, des monuments historiques, de l’architecture, des musées, ainsi que des archives. “Huit ans après sa mise en œuvre, cette réforme mérite d’être évaluée quant à sa capacité à répondre aux évolutions constantes des pratiques professionnelles comme des attentes de tous les publics”, estime en effet le ministère.

Philippe Bélaval, qui devra rendre ses propositions au plus tard à la mi-septembre, aura ainsi notamment à évaluer “les missions, l’organisation et le fonctionnement des services centraux du ministère”, ainsi que leur articulation avec “les services extérieurs et les nombreux opérateurs du secteur”, indique la lettre de mission diffusée par des sources syndicales. “Le périmètre de la direction générale des patrimoines et de chacun des services qui la composent pourra utilement être interrogé dans le cadre de cette mission”, précise en outre le document.

“Afin de donner les plus grandes chances de réussite à la mise en œuvre des propositions susceptibles de résulter” de la mission, la ministre indique également qu’elle a décidé de “différer les recrutements à effectuer sur les postes actuellement vacants dans les services patrimoniaux du ministère de la Culture”. Elle précise dans ce sens qu’un directeur général des patrimoines par intérim “sera prochainement désigné”, alors que Vincent Berjot, qui occupe jusque-là la fonction, est sur le départ.

Président du CMN depuis 2012

Philippe Bélaval, président du Centre des monuments nationaux (CMN) depuis 2012, est titulaire d’une maîtrise de droit, diplômé de Sciences Po Toulouse et ancien élève de l’ENA (promotion Michel de L’Hospital, 1979).

Âgé de 62 ans, il notamment été président du conseil d’administration de l’Institut national du patrimoine (INP) de 2008 à 2010, président du Conseil supérieur de la propriété littéraire et artistique (CSPLA) de 2009 à 2010 et directeur général des patrimoines, au ministère de la Culture, de 2010 à 2012.

Plus tôt dans sa carrière, Philippe Bélaval a aussi officié au sein de plusieurs cabinets ministériels, à savoir notamment ceux d’Henri Emmanuelli au secrétariat d’État auprès du ministre de l’Économie, en tant que conseiller technique de 1983 à 1984, et de Michel Durafour au ministère de la Fonction publique, sur la période 1988-1990 en tant que directeur adjoint, puis directeur de cabinet.

Le nouveau missionné a par ailleurs occupé les fonctions de directeur général du théâtre national de l’Opéra de Paris (1990-1992), de directeur général de la Bibliothèque nationale de France (1994-1998) et de directeur général des Archives nationales (1998-2000).

Il a en outre, et entre autres, été président des cours administratives d’appel de Bordeaux, puis de Versailles entre 2001 et 2008.

La CGT Culture vent debout
Présent lors du comité technique ministériel, le syndicat CGT Culture a vivement réagi au lancement de cette mission. Jugeant que “le président du CMN est désormais l’architecte d’une « réflexion » qui contient en elle-même la disparition de la direction générale des patrimoines”, le syndicat a en outre pointé du doigt le report de la nomination “des postes vacants de directeurs, notamment du directeur général des patrimoines”.