Quantcast

Le plan de l’exécutif pour donner un coup de fouet à l’accompagnement professionnel des agents

6 juil. 2018, PAR Bastien Scordia
  • 04
    MIN
  • 0

Fotolia

Parcours professionnels plus lisibles, compétences des agents valorisées, acteurs RH mobilisés, appareil de formation pleinement utilisé… La direction générale de l’administration et de la fonction publique (DGAFP) a dévoilé, jeudi 5 juillet, les pistes d’évolution envisagées par l’exécutif pour renforcer l’accompagnement des agents publics dans leurs “transitions professionnelles”. 


Mobiliser davantage les acteurs RH de proximité et l’appareil de formation pour proposer aux agents un accompagnement renforcé dans leurs transitions professionnelles. C’est l’objectif du gouvernement, qui a dévoilé, jeudi 5 juillet, ses pistes d’évolution en la matière lors d’un groupe de travail organisé dans le cadre de la concertation sur la réforme du cadre statutaire de la fonction publique.

Les marges de progrès dans ce domaine sont en effet considérables, comme l’explique le document présenté à cette occasion aux représentants du personnel et des employeurs par la direction générale de l’administration et de la fonction publique (DGAFP) et qu’Acteurs publics s’est procuré [cliquez ici pour le consulter].

Dans le désordre, en effet, cette dernière pointe une visibilité sur les parcours “perfectible” (développement d’une gestion prévisionnelle des effectifs des emplois et des compétences insuffisant, transparence des postes à améliorer en interministériel et entre les versants), une fonction d’accompagnement des agents “encore insuffisamment développée” (développement inégal de la fonction d’accompagnement selon les employeurs et les catégories, appropriation variable des différents dispositifs d’entretien, fonction RH centrée principalement sur la gestion administrative plutôt que sur les fonctions d’accompagnement) et des politiques de formation “qui ne répondent pas complétement au besoin d’accompagner les transitions professionnelles” (dispositifs juridiques peu utilisés, accès limité au congé de formation professionnelle et à la période de professionnalisation, offre de formation peu mobilisée dans l’objectif de réaliser un projet d’évolution  professionnelle).

Lisibilité des parcours

Sur chacune de ces trois problématiques, la DGAFP avance donc une série de pistes d’évolution. Afin de rendre ainsi “plus lisibles” les parcours professionnels, il est tout d’abord proposé de “développer l’anticipation” sur les besoins des services et l’évolution des métiers par le développement de la prospective métiers, l’utilisation des potentialités des services d’information de gestion des ressources humaines (SIRH) et le développement des observatoires métiers.

Autres pistes d’amélioration avancées en ce sens : le développement de la transparence sur les postes (ouverture d’un espace numérique commun recueillant les vacances de postes pour les trois versants au 1er janvier 2019, renforcement du rôle des plates-formes de ressources humaines…) et la levée des freins à la mobilité. Sur ce deuxième point, un groupe de travail spécifique se réunira au mois de septembre.

Fonction d’accompagnement

Pour valoriser ensuite les compétences des agents, “afin de les aider à formuler un projet professionnel cohérent”, le gouvernement propose notamment de rendre chaque agent pleinement acteur de son parcours, avec une logique de “généralisation et d’accessibilité” de l’offre d’accompagnement pour tous les agents et tous les types de projets professionnels, mais aussi via un “mix” des outils numériques et un accompagnement humain ou encore grâce à la mobilisation des acteurs RH de proximité.

La réalisation cet objectif passe aussi, selon la DGAFP, par l’évolution des outils à la disposition des acteurs de l’accompagnement professionnel. La direction avance ainsi l’idée d’une révision des comptes rendus des entretiens professionnels (CRCEP), “pour intégrer la dimension métiers et/ou créer des entretiens de développement professionnels pluriannuels”, mais également la piste d’une rénovation des dispositifs d’entretiens multiples ou encore d’une professionnalisation des acteurs RH avec un cahier des charges de formation socle commun aux différents ministères.

Rendre le compte personnel de formation effectif

Quant à la mobilisation de l’appareil de formation, l’exécutif souhaite que celle-ci se fasse “au service de la réalisation des projets d’évolution professionnelle”. Pour y parvenir, il s’agirait donc de “conforter et de rendre effectif” le dispositif du compte personnel de formation (CPF) dans la fonction publique. Et ce en confortant les droits à la formation, en mettant en place des modalités de financement des formations dédiées aux transitions professionnelles et en facilitant l’identification de l’offre en la matière. Pour rappel, le dispositif du CPF a été mis en place le 1er janvier 2017 en remplacement du droit individuel à la formation (DIF), “mais son appropriation par les acteurs dans le cadre des politiques de formation apparaît perfectible”, explique la DGAFP.

Parmi les autres pistes avancées dans ce domaine : la construction d’une offre de formation dédiée aux transitions professionnelles grâce à des “dispositifs passerelles” permettant de faciliter les réorientations (renforcement des collaborations en interministériel, cursus de formation permettant à des agents de même catégorie d’accéder à un corps de niveau similaire sans avoir à passer un concours) ; l’amélioration des dispositifs juridiques dédiés aux transitions professionnelles (renforcement de leur attractivité, accès à l’alternance facilité grâce aux périodes de professionnalisation) ou encore l’amélioration des modalités d’élaboration, de mise en œuvre et d’évaluation de l’efficacité des plans de formation.

À l'issue de la réunion, l'Unsa Fonction publique notamment a déclaré prendre “note” des intentions du gouvernement et a affirmé qu'elle étudiera “comment elles se traduisent concrètement, avec quel financement et pour quel agent”. La Fédération autonome de la fonction publique (Fa-Fp), pour sa part, a estimé: “Faire évoluer les dispositifs de formation dans la Fonction publique, pour la FA-FP c’est OUI ! Dans le cadre de l’objectif de suppressions de postes poursuivi par le gouvernement, c’est NON !”.