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La fonction publique de l’État recrute moins d’apprentis que prévu

11 juil. 2018, PAR Emile Marzolf
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En 2017, le nombre de nouveaux apprentis a grimpé de 7,9 % dans la fonction publique. Une progression principalement portée par la fonction publique territoriale, tandis que la fonction publique d’État peine à dépasser la barre des 6 000 apprentis. 


La politique d’ouverture de la fonction publique de l’État à l’apprentissage continue de porter ses fruits. Mais pas au rythme souhaité. Selon les derniers chiffres compilés par la direction générale de l’administration et de la fonction publique (DGAFP), la fonction publique de l’État a accueilli 5 880 apprentis en 2017, soit 254 de plus qu’en 2016. Cette progression est liée à l’ouverture de l’apprentissage décidée en 2014 sous la Présidence de François Hollande.

Le chef de l’État avait alors souhaité atteindre les 4 000 apprentis dans la fonction publique de l’État (FPE) en 2015 et les 10 000 en 2016. Certes, la progression a été fulgurante, mais elle n’est pas à la hauteur des objectifs fixés alors. En effet, si le nombre d’apprentis est passé de 801 en 2014 à 5 880 en 2017, on est encore loin du compte.

L’objectif des 10 000 apprentis s’est traduit dans les faits par le poids de plus en plus conséquent pris par ce versant de la fonction publique dans le recrutement d’apprentis (41,9 %). Mais la hausse semble s’essouffler, puisque l’augmentation du nombre de contrats n’a été que de 5 % dans la FPE, contre 9 % dans la fonction publique territoriale (FPT) – qui reste le principal employeur en la matière – et 25 % dans la fonction publique hospitalière (FPH), dans laquelle la part d’apprentis est encore minime. Au total, la fonction publique a enregistré plus de 14 000 nouveaux apprentis en 2017, contre 12 998 en 2016, soit une hausse de 7,9 %. En 2014, la fonction publique n’accueillait que 8 968 nouveaux apprentis.

Côté répartition, il ressort que les ministères sont les plus gros employeurs d’apprentis dans la FPE, avec 74 % des nouvelles entrées, bien que les établissements publics sous tutelle aient connu une bien plus forte progression (+ 17,5 %). Au niveau des territoires, ce sont les communes qui portent le plus cette politique de recrutement, avec près de 60 % des contrats d’apprentissage. Les départements restent en troisième place, derrière les établissements intercommunaux. Aucun chiffre ne permet en revanche de préciser ce qu’il en est dans l’hospitalière.

La féminisation se poursuit. Au niveau de la répartition hommes-femmes, c’est dans la FPE que la progression des femmes apprenties est la plus forte. En 2017, elles représentaient 56 % des nouvelles entrées, contre seulement 41 % en 2014. Dans la territoriale, les femmes pèsent pour 46 % des nouveaux apprentis, soit une hausse de 1 point par rapport à 2016. En revanche, la part des femmes continue de reculer dans la FPH (60 % contre 64 % en 2016), où elles restent toutefois les plus nombreuses.

Un niveau de diplômes en hausse continue. Au global, 20,7 % des nouveaux apprentis étaient sans diplôme ni titre en 2014. Ils n’étaient plus que 13,9 % en 2017. Fait qui n’est pas nouveau, c’est dans la fonction publique d’État que l’on retrouve le plus d’apprentis diplômés de l’enseignement supérieur. En 2017, 40 % d’entre eux avaient un diplôme contre 25 % pour la FPT et 28 % pour la FPH. C’est dans l’hospitalière que l’on observe toutefois la plus forte hausse, avec 4 points de plus que l’année précédente.  

Concernant la situation précédant le contrat d’apprentissage, la majorité des apprentis du secteur public étaient étudiants avant de devenir apprentis (à 65,8 %, soit 5,5 points de plus qu’en 2014, mais 0,8 point de moins qu’en 2016), quand ceux qui étaient déjà en apprentissage, demandeurs d’emploi ou salariés sont en léger recul. À titre d’exemple, en 2014, 10,9 % des nouveaux apprentis étaient demandeurs d’emploi, alors que trois ans plus tard, ils ne représentaient que 8,9 % de l’ensemble de la fonction publique. La durée des contrats continue également de diminuer. Selon la DGAFP, la part des contrats de moins de douze mois grimpe à 37,3 % quand les contrats entre douze et vingt-quatre mois reculent de 2,4 points et ceux de plus de vingt-quatre mois de 2,3 points (notamment dans la FPE, où la part des contrats longs a été divisée par deux en quatre ans).

Davantage de places pour les personnes en situation de handicap. La proportion des apprentis en situation de handicap est en progression de 0,5 point entre 2016 et 2017, portant à 5,2 % leur part dans le total des apprentis de la fonction publique. C’est notamment dans la FPE et la FPT que leur part a augmenté, passant respectivement de 3,1 % à 3,4 % et de 5,6 % à 6,4 %. En revanche, dans la FPH, où la proportion d’apprentis en situation de handicap est la plus importante depuis quatre ans, la tendance est à la baisse (- 1,8 point). Cette progression ne devrait pas faiblir, au contraire. Le gouvernement s’est en effet engagé, lors du comité interministériel de septembre 2017, à réserver au minimum 6 % des contrats aux personnes en situation de handicap dans la fonction publique de l’État.