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Budget 2019 des ministères : les gagnants et les perdants

12 juil. 2018, PAR Bastien Scordia
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AY-COLLECTION/SIPA

Le gouvernement a transmis aux sénateurs et aux députés le détail des principales baisses de crédits envisagées pour 2019. Le Travail et la Cohésion des territoires seront mis à la diète. Le nombre de suppressions de postes de fonctionnaires induites par ces décisions budgétaires n’est pas encore connu.


Les principales baisses de crédits dans le cadre du budget 2019 vont concerner le ministère du Travail et celui de la Cohésion des territoires, selon un document remis aux parlementaires jeudi 12 juillet, à l’occasion du débat d’orientation budgétaire.

Selon ce document, 9 “missions” verront ainsi leurs crédits diminuer par rapport au budget prévu pour l’année 2018. Dix-neuf missions verront au contraire leur budget augmenter, tandis qu’une dernière mission verra son budget se stabiliser.

Ces évolutions en “volume” n’intègrent toutefois pas les chiffres de l’inflation – attendue à près de 1,75 % l’an prochain –, ce qui fait qu’un budget stable en volume reculera en réalité au regard de l’évolution des prix.

Les Armées et l’Éducation nationale gagnants

Selon le document préparatoire au débat d’orientation budgétaire, les principaux ministères mis à contribution seront le Travail et la Cohésion des territoires, avec des baisses de budget respectives de 2,07 milliards et 1,16 milliard d’euros.

Parmi les ministères gagnants, on retrouve les Armées, qui percevront 1,70 milliard d’euros de plus qu’en 2018, la Solidarité, l’insertion et l’égalité des chances, qui gagneront 1,33 milliard, et l’Éducation nationale (enseignement scolaire), qui bénéficiera de 750 millions d’euros supplémentaires.

Au total, le projet gouvernemental prévoit une hausse de 1,6 milliard d’euros des dépenses de l’État, hors charge de la dette et contribution au budget européen, une évolution “en ligne avec les objectifs”, selon Bercy.

Flou sur le nombre de postes de fonctionnaires à supprimer

Le document remis aux parlementaires ne précise pas le nombre de suppressions de postes de fonctionnaires induites par ces décisions budgétaires, un chiffre pourtant très attendu par les parlementaires. Emmanuel Macron a en effet promis, au cours de sa campagne pour la présidentielle, 120 000 suppressions de postes au cours du quinquennat, dont 50 000 sur le périmètre de l’État. Dans le cadre du budget 2018, 1 600 suppressions de postes avaient été décidées.

“Sur le plan de la maîtrise de la dépense publique, le caractère extrêmement lacunaire des informations portées à la connaissance du Parlement devient préoccupant”, a regretté, mercredi 11 juillet dans un communiqué, le président de la commission des finances du Sénat, Albéric de Montgolfier (LR), jugeant les mesures d’économies “très peu documentées”.

Selon la trajectoire prévue par le gouvernement, le déficit public devrait atteindre 2,3 % en 2019, puis 1,1 % pour 2020 et 0,6 % pour 2021, avant de revenir à l’équilibre (0 %) en 2022. Ces prévisions n’intègrent toutefois pas la reprise de la dette de la SNCF, décidée par le gouvernement, mais que Bercy n’a toujours pas intégrée, à ce stade, dans sa trajectoire budgétaire.

(avec AFP)