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Le gouvernement veut déployer la 5G dès 2020

17 juil. 2018, PAR Emile Marzolf
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Quique Garcia/EFE/SIPA

Lancer une première offre commerciale dès 2020 pour la 5G, c’est l’objectif affiché par le gouvernement, dont la feuille de route pour le déploiement de cette technologie de télécommunications a été détaillée lundi 16 juillet.


Une technologie peut en cacher une autre. À peine le plan de couverture du territoire en très haut débit, notamment par la 4G et la fibre optique, touchera-t-il à sa fin que le gouvernement se lancera, dès 2020, dans le déploiement à grande échelle de la cinquième génération (5G) de la technologie qui permet aux mobiles, entre autres, de se connecter à Internet.

Les secrétaires d’État au Numérique Mounir Mahjoubi, et auprès du ministre de l’Économie et des Finances, Delphine Gény-Stephann, ont ainsi dévoilé, lundi 16 juillet, la feuille de route du gouvernement pour le déploiement de la 5G. Le gouvernement se fixe notamment comme objectif de lancer une offre commerciale dans une première grande ville dès 2020. Date à laquelle plusieurs autres pays, comme la Corée du Sud, promettent de lancer leurs propres offres commerciales. À plus long terme, c’est-à-dire d’ici 2025, le gouvernement prévoit de couvrir les principaux axes de transport. Là où la couverture mobile actuelle fait justement défaut.

Course aux fréquences

La 5G, rappelle l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (Arcep) dans son programme de travail sur la question, également présenté hier, devrait apporter des débits jusqu’à 10 fois supérieurs, en même temps qu’une latence divisée par 10. Mais surtout, la 5G permettra de supporter autrement plus de connexions en simultané, et ce en s’adaptant aux différents usages pour atteindre ce qu’on appelle la “sobriété énergétique”. C’est la raison pour laquelle nombre d'industriels et fabricants d’électronique misent sur cette technologie pour se lancer de plain-pied dans l’Internet des objets.

Déployer la 5G passera, comme pour toutes les technologies de télécommunications qui l’ont précédée, par l’attribution de fréquences dédiées, dont l’Arcep a la charge. Le gendarme des télécoms s’est donc lui aussi constitué une feuille de route pour la libération de la bande 26 GHz (particulièrement convoitée pour sa grande capacité et sa faible latence), en plus de celle, déjà initiée, de la bande 3,5 GHz. Ces deux bandes sont notamment utilisées par les faisceaux hertziens du ministère de l’Intérieur et par le ministère des Armées. Une consultation publique devrait être ouverte en octobre 2018 afin de définir les procédures d’attribution : mécanismes d’attribution, taille des lots, plafonds de quantité de fréquences attribuables par acteur et obligations de déploiement.

Phases d’expérimentation

Pour y arriver, le gouvernement entend d’abord multiplier les expérimentations avec le lancement de plusieurs phases pilotes “sur une variété de territoires” et accueillir “des premières mondiales d’application de la 5G dans les domaines industriels”, a-t-il fait savoir dans un communiqué.

Au mois de février, l’Arcep avait en effet déjà autorisé une première vague de tests de la 5G, notamment à Lille, Douai, Bordeaux et Lyon. En juin, Orange a obtenu une autorisation d’expérimentation à Marseille, Bouygues Télécom à Bordeaux et SFR à Nantes et Toulouse.

Le 16 juillet, l’Arcep a annoncé une troisième vague d’autorisations impliquant notamment l’Île-de-France. Onze projets y ont été autorisés en juillet, dont une partie pour expérimenter la voiture autonome et connectée. Un certain nombre de réunions d’information organisées par l’Arcep et la direction générale des entreprises sont prévues jusqu’à la fin de l’année afin de faire remonter les premiers retours des acteurs impliqués.

L’Arcep table ainsi sur le lancement de pilotes “grandeur nature” dès le début de l’année 2019 et sur un premier appel à candidatures pour l’attribution des fréquences dans les mois qui suivront. Et ce en vue d’une première attribution de fréquences en 2020 et du déploiement commercial dans au moins une grande ville la même année.