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Le Premier ministre espagnol veut alléger la dette de la Catalogne

20 juil. 2018, PAR Acteurs Publics
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Le président de la Généralité de Catalogne, Quim Torra (à gauche), et le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez. - © Andrea Comas/AP/SIPA

Pedro Sanchez a lancé un plan de mesures visant à restructurer la dette des communautés autonomes. Cette intervention du nouveau chef du gouvernement socialiste bénéficie principalement aux communautés autonomes de la Catalogne et de Valence, très lourdement endettées.


Un geste d’apaisement. C’est ainsi qu’apparaît la décision du Premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, de procéder à l’allègement de la dette des communautés les plus touchées. Annoncée lors d’un discours devant le Parlement le 17 juillet dernier, la proposition de Pedro Sanchez a surpris les observateurs politiques.

Le nouveau chef du gouvernement socialiste a indiqué qu’il allait entamer un processus d’allègement du fardeau financier pesant sur la Catalogne, endettée à hauteur de 54 milliards d’euros et la communauté de Valence, dont l’endettement s’élève à 37 milliards d’euros.

Ces deux communautés sont dans la quasi-incapacité de se refinancer sur les marchés financiers, avec des obligations jugées comme “pourries” par les analystes financiers. Le Premier ministre a insisté sur le fait que cette restructuration n’impliquait pas une réduction de la dette, mais un report des différentes échéances de celle-ci, ainsi qu’une diminution des taux d’intérêt. Le ministère des Finances a ajouté que le plan était encore à préciser.

2,4 milliards d’euros de plus

Opposant au gouvernement, Alberto Nunez Feijoo, président de la communauté de Galice, a regretté qu’il soit permis “de récompenser les communautés non conformes et de pénaliser les plus méritantes”. Président par intérim de la communauté de Madrid et membre du Parti populaire (droite espagnole), Angel Garrido a également critiqué la “récompense”, “par intérêt politique particulier et non intérêt général”, des communautés autonomes ayant échoué avec leur dette.

Par ailleurs, le gouvernement a aussi “desserré la ceinture” dans les régions pour l’année 2019. Au cours de cette année électorale, celles-ci pourront dépenser 2,4 milliards d’euros supplémentaires, une souplesse accordée par la Commission européenne la semaine dernière. Cependant, les exécutifs des communautés catalane, andalouse et valencienne indiquent que “cela ne résoudra pas les problèmes”. L’Andalousie et la Catalogne continuent de demander la réforme du modèle de financement des communautés autonomes, qu’elles estiment trop dépendant du pouvoir central espagnol.

Jean-Bernard Gallois