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Alexandre Benalla en passe d’être licencié

20 juil. 2018, PAR Emilie Coste
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Witt/SIPA

Le collaborateur d'Emmanuel Macron est dans la tourmente depuis jeudi après des révélations faites par Le Monde.


L’Élysée a annoncé, ce 20 juillet, avoir “pris la décision d’engager la procédure de licenciement” à l’encontre d’Alexandre Benalla, pour des “faits nouveaux” concernant ce collaborateur du Président Emmanuel Macron, alors que le parquet a annoncé sa mise en garde à vue après la diffusion de vidéos le montrant frappant un manifestant lors des manifestations du 1er Mai, à Paris.

Rappelons que le quotidien Le Monde avait publié, le 18 juillet, une première vidéo montrant Alexandre Benalla, adjoint au chef de cabinet d’Emmanuel Macron, équipé d’un casque à visière des forces de l’ordre alors qu’il n’est pas policier, frappant un manifestant lors des manifestations du 1er Mai à Paris, entouré de CRS. Une seconde vidéo, diffusée quant à elle le 19 juillet sur Twitter, montre le même Alexandre Benalla essayer de faire tomber une manifestante du 1er Mai.

Face au tollé provoqué par ces révélations, le porte-parole de l’Élysée, Bruno Roger-Petit, avait expliqué jeudi qu’à la suite des incidents, Alexandre Benalla avait “été immédiatement convoqué par le directeur de cabinet du président, qui lui a notifié une sanction disciplinaire” : une mise à pied de deux semaines avec suspension de salaire et changement d’affectation. Cette sanction constituait “un dernier avertissement avant licenciement”, a précisé le porte-parole. Une enquête avait par ailleurs été ouverte jeudi 19, confiée à l’inspection générale de la Police nationale (IGPN), ainsi qu’à la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP).

Mais l’affaire n’en est pas restée là. Plusieurs personnalités ont en effet appelé au départ d’Alexandre Benalla, tandis que la commission des lois de l’Assemblée nationale a voté, le 19 juillet dans la soirée, une demande pour se doter des prérogatives d’une commission d’enquête sur “les événements survenus à l’occasion de la manifestation du 1er Mai”.

C’est donc sous la pression politique et médiatique que l’Élysée a annoncé, vendredi, engager la procédure de licenciement d’Alexandre Benalla, arguant de “faits nouveaux constitutifs d’une faute commise” donc, et faisant “l’objet d’une procédure judiciaire”. Car celui-ci, “aux fins de prouver son innocence (…), aurait été destinataire d’un document de la préfecture de police qu’il n’était pas autorisé à détenir”.

Des fonctionnaires de police mis à pied

En parallèle, 3 policiers – un contrôleur général, un commissaire et un commandant – ont également été suspendus à titre conservatoire pour avoir extrait des images de vidéosurveillance de la ville de Paris et les avoir transmises à Alexandre Benalla, a-t-on également appris dans un communiqué de presse du ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb. Le parquet de Paris ainsi que l’inspection générale de la Police nationale ont été saisis “afin de faire la lumière sur ces faits”, apprend-on encore dans le communiqué. 

Par ailleurs, Vincent Crase, un gendarme réserviste et agent d’accueil pour LREM qui était avec Alexandre Benalla le 1er mai, a également été placé en garde à vue vendredi.

Collaborateur de l’ombre de l’Élysée

“Chargé de mission” auprès de la présidence de la République, adjoint au chef de cabinet d’Emmanuel Macron, Alexandre Benalla, 26 ans, ne faisait pas partie de l’organigramme officiel de l’Élysée. Sa nomination n’avait, en effet, pas fait l’objet d’une publication au Journal officiel.

Ce collaborateur de l’ombre de l’Élysée avait fait partie de l’équipe de campagne présidentielle d’Emmanuel Macron en 2017, en tant que responsable de la sécurité du candidat. Lors de la primaire socialiste de 2011, il avait également été chargé de la protection de Martine Aubry, selon une information de nos confères du Monde, puis avait fait partie du service d’ordre de François Hollande durant la campagne présidentielle de 2012.

En 2015, ce titulaire d’un master de droit avait suivi la session “jeunes” de l’Institut des hautes études de la sécurité et de la justice (IHESJ), une formation organisée à l’école des officiers de la gendarmerie de Melun.

Alexandre Benalla avait également brièvement été le chauffeur d’Arnaud Montebourg, alors ministre du Redressement productif, mais avait été “viré manu militari” au bout d’une semaine, a expliqué l’ancien ministre au Monde, pour avoir “provoqué un accident de voiture” en présence d’Arnaud Montebourg et avoir voulu prendre la fuite.

Avec AFP