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CAP22 veut un nouveau corps d’enseignants offrant plus de souplesse aux chefs d’établissement

23 juil. 2018, PAR Pierre Laberrondo
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Alain ROBERT/SIPA

Les experts missionnés sur la réforme de l’État suggèrent de créer un nouveau corps d’enseignants qui pourrait se substituer progressivement à celui des professeurs certifiés.


“Les résultats éducatifs de la France aux grandes enquêtes internationales ne sont que dans la moyenne, alors que l’engagement et la mobilisation des enseignants n’ont pas faibli et que leurs efforts sont considérables.” C’est l’un des constats des experts du comité Action publique 2022 (CAP22) formulés dans leur rapport sur la réforme de l’État (cliquez-ici pour le consulter).

Le comité, missionné par le gouvernement, propose pour y remédier plusieurs pistes concernant l’organisation de l’éducation nationale. Parmi elles, l’augmentation du temps d’enseignement du secondaire actuel, avec un recours à deux heures supplémentaires, “ce qui conduira à améliorer leurs rémunérations, et créer pour cela un nouveau corps d’enseignants qui pourrait se substituer progressivement à celui de professeur certifié”.

Ce corps pourrait être constitué sur la base du volontariat. “Le temps d’enseignement serait supérieur à celui des professeurs certifiés mais la rémunération serait également supérieure”, note le rapport. Pourraient être proposées aux membres de ce corps des dynamiques de carrière “plus intéressantes”. Ce corps serait soumis à des obligations supplémentaires (bivalence, annualisation d’une partie du temps d’enseignement, obligation de remplacement dans l’intérêt du service) qui offriraient plus de souplesse aux chefs d’établissement, indique le rapport.

Formation et gestion dans le viseur

Les experts suggèrent aussi de revoir la formation des enseignants afin qu’elle “favorise l’exercice du métier mais aussi les mobilités professionnelles et la diversité des carrières”. La phase du concours pourrait intervenir dès la fin du cycle de licence, “afin de consacrer les deux années de master à une formation en alternance dans laquelle la pratique mais aussi la réflexion autour des pratiques pédagogiques occupent une place de choix”. Une proposition qui rejoint une piste récemment formulée par la Cour des comptes.

Le CAP22 estime aussi que les prérecrutements pourraient être développés. Les étudiants s’engageraient tôt dans leur cursus à devenir enseignants et pourraient ainsi bénéficier rapidement d’une première insertion dans le monde professionnel, avant de passer les concours. “Enfin une évaluation objective et impartiale des écoles supérieures du professorat et de l’éducation (Espé) doit être menée et pourrait donner lieu à une accréditation professionnelle ainsi qu’une réflexion sur le recrutement des personnels des Espé et leur lien avec l’université”, complètent les auteurs du rapport.

Au chapitre de l’organisation territoriale, le rapport suggère de faire de l’académie l’échelon de décision stratégique pour la mise en œuvre de la politique éducative, tout en poussant à une révision du périmètre des académies “pour se rapprocher de la carte des services de l’État sur le format des nouvelles régions”.

Les experts suggèrent aussi de renforcer le rôle de l’échelon départemental “pour qu’il décline à son niveau les orientations régionales (stratégie d’animation pédagogique, accompagnement des établissements…) et mette en place une gestion des carrières des enseignants”. Dans cette optique, le rapport préconise de développer une fonction ressources humaines, “mise en œuvre jusqu’au niveau départemental, pour accompagner les personnels des établissements”.