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Bras de fer entre l’exécutif catalan et le Premier ministre espagnol sur l’autonomie

6 sept. 2018, PAR Acteurs Publics
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Le président de la Generalitat catalane, Quim Torra (à gauche) et le Premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, le 9 juillet 2018, à Madrid - Fernando Calvo/AP/SIPA

Depuis sa prise de fonction, début juin, Pedro Sanchez, le chef du gouvernement espagnol, essaie de désamorcer les tensions avec la Catalogne. Il a ainsi proposé d’organiser un référendum sur un nouveau statut de la région. Une proposition rejetée par le gouvernement nationaliste catalan.


C’est non. Dans un discours offensif prononcé le 4 septembre, le président de la Generalitat catalane, Quim Torra, a refusé la proposition du chef du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez, présentée la veille, et qui ouvrait la porte à plus d’autonomie pour la région. Devant des centaines de militants catalans réunis au théâtre national de Catalogne, à Barcelone, le leader indépendantiste en a profité pour présenter la feuille de route de son gouvernement exécutif pour les prochains mois.

Il a déclaré qu’il n’avait “renoncé à rien”, que le processus d’indépendance était “irréversible” et qu’il promettait “d’aller jusqu’au bout”. Il a insisté sur sa volonté de convenir d’un accord bilatéral pour mettre fin au conflit politique entre l’Espagne et la Catalogne. “Seul un référendum d’autodétermination, contraignant et internationalement reconnu, permettra de résoudre le conflit”, a-t-il ajouté.

Contrairement à son prédécesseur, Carlos Puigdemont, exilé en Belgique, Quim Torra n’a pas menacé d’action concrète de rupture, il n’a pas posé d’ultimatum et n’a pas fixé de calendrier. Cela étant, cette fin de non-recevoir n’est pas très encourageante pour le Premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, qui a entamé depuis son arrivée au pouvoir, le 1er juin, un dialogue avec le président indépendantiste catalan.

Manifestation à Barcelone le 11 septembre

La région la plus riche d’Espagne avait connu, à l’automne 2017, une grave crise politique car les indépendantistes avaient organisé un référendum d’autodétermination le 1er octobre, malgré son interdiction par l’exécutif espagnol. Le parlement catalan avait ensuite proclamé l’indépendance, le 27 octobre, une mesure qui avait immédiatement été suivie par la mise sous tutelle de la région par l’État et par la destitution des dirigeants catalans.

Face à la proclamation répétée du droit à l’autodétermination de la Catalogne de la part de Quim Torra, le Premier ministre a répété que ce droit n’existait pas dans la Constitution espagnole. Il a lancé une nouvelle menace de suspension de l’autonomie catalane si les dirigeants de la région venaient à prendre des décisions unilatérales contraires à la loi.

Le leader indépendantiste catalan a répondu qu’il serait toujours “du côté de l’obéissance au peuple catalan” et compte bien accentuer la pression populaire pour faire bouger l’exécutif espagnol. Il a lancé un appel pour que la foule manifeste en masse le 11 septembre, à l’occasion de la fête nationale catalane. Et il a invité, le 1er octobre prochain – date du premier anniversaire du référendum –, les Catalans à occuper les écoles qui ont servi de collèges électoraux, pour une grande journée de revendication.

Jean-Bernard Gallois