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La directrice de la villa Médicis n’est pas reconduite par la ministre de la Culture

7 sept. 2018, PAR Shahinez Benabed
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© Julian Hargreaves CC bby SA 4.0, Wikimedia

Cette ancienne administratrice générale de la Comédie-Française, avait été nommée la tête de la villa Médicis en 2015.


Sans autre forme de procès. Dans un communiqué diffusé jeudi 6 septembre dernier, la ministre de la Culture, Françoise Nyssen, a annoncé que le mandat de trois ans de la directrice de la villa Médicis à Rome, Muriel Mayette-Holtz, qui prendra fin dans seulement dix jours, ne serait pas reconduit. Une situation inhabituelle au sein de ce palais abritant l’Académie de France à Rome, puisque les précédents directeurs avaient en général tenu au moins deux mandats.

Tenant à “remercier” la future ex-directrice pour “son action engagée à la tête” de l’institution artistique, qui accueille notamment des artistes en résidence pour une période donnée, la locataire de la Rue de Valois justifie cette décision en expliquant souhaiter qu’une “réflexion de fond soit menée par son ministère sur l’avenir de cet établissement”. Ceci “afin de renforcer la capacité de la France à attirer et à promouvoir la scène française d’art contemporain et les meilleurs talents artistiques du monde entier qui la choisissent pour créer”. Une réflexion qui s’appuiera notamment sur les conclusions d’une mission confiée en juin dernier à Thierry Tuot, président du conseil d’administration de l’Académie de France à Rome (AFR), et portant sur le soutien de l’État aux résidences d’artistes. 

Nomination sur fonds de polémique

Mais dans les coulisses, c’est le bilan jugé mitigé de la directrice, contestée dès sa désignation, en 2015, qui serait mis en avant. Rappelons que Muriel Mayette-Holtz, 54 ans, ancienne administratrice générale de la Comédie-Française (2006-2014) et première femme à avoir dirigé la villa Medicis, avait été nommée à Rome par la ministre de la Culture de l’époque, Fleur Pellerin, sur fond de polémique.

Le Premier ministre d’alors, Manuel Valls, avait en effet été accusé d’avoir favorisé à ce poste la femme de son ami, le commentateur sportif Gérard Holtz, tandis qu’une lettre ouverte d’une quarantaine d’artistes accusait la nouvelle venue de ne connaître “aucun des domaines artistiques et intellectuels représentés à la Villa”.

Tensions en interne

Par la suite, les tensions ne s’étaient pas forcément apaisées. Car dès son arrivée, Muriel Mayette-Holtz avait notamment choisi d’ouvrir davantage les lieux, aux postulants comme au public. Une décision qui fut loin de faire l’unanimité au sein des pensionnaires, au point que certains d’entre eux auraient, selon nos confrères du Monde, adressé cet été une lettre à Françoise Nyssen pour se plaindre de la politique menée au sein de la prestigieuse villa. En cause, notamment : le peu de qualité de certains événements culturels qui y étaient organisés. Un des pensionnaires, cité par le quotidien, a même été jusqu’à déclarer : “Mayette jurait que ces moments [les événements en question, ndlr] étaient destinés avant tout aux résidents, leur permettant de rencontrer la fine fleur de la création, mais il s’agissait surtout de surprendre les rombières romaines.”

Face à la situation, la directrice sortante a pour sa part regretté le “mépris pour le travail accompli” de la part du gouvernement et défendu son bilan dans une tribune publiée sur le site du Figaro.