Quantcast

La Société du Grand Paris a un nouveau président pour son conseil de surveillance

10 sept. 2018, PAR Shahinez Benabed
  • 03
    MIN
  • 0

François Daburon / Fondapol CC by SA Wikimedia


Élection sur fond de contestation. Vendredi 7 septembre, les membres du conseil de surveillance de la Société du Grand Paris (SGP), en charge de la construction des 200 kilomètres de lignes de métro du Grand Paris Express, ont élu à leur présidence Patrick Braouezec, le président (PCF) de l’établissement public territorial (EPT) Plaine Commune*. Ce dernier succède ainsi à Jean-Yves Le Bouillonnec, ancien maire PS de Cachan (Hauts-de-Seine), qui avait quitté ses fonctions en avril pour raisons médicales.

Ce scrutin ne s’est cependant pas déroulé dans la tranquillité, puisque les 7 présidents de département d’Île-de-France, membres du conseil de surveillance, ont décidé de “ne pas participer à cette élection mascarade et de laisser à l’État la responsabilité de nommer l’élu qu’il veut”, ont-ils annoncé dans un communiqué commun.

Une prise de position qui s’explique par le fait que Pierre Bédier, président LR du conseil départemental des Yvelines, était resté longtemps l’unique candidat, soutenu par les départements franciliens, pour prendre la succession de Jean-Yves Le Bouillonnec. Mais un décret du ministère des Transports, daté du 13 juillet dernier et nommant Patrick Braouezec en tant que membre du conseil de surveillance, avait changé la donne. Et pour cause, selon nos confrères du Parisien, ce même Patrick Braouezec aurait alors eu “les faveurs de l’État, peu enclin à désigner un élu [Pierre Bédier donc], condamné par le passé pour corruption”.

Un président “indépendant de l’État”

Pour les départements cependant, l’arrivée de Patrick Braouezec démontre qu’“au fond [l’État] n’est pas prêt à partager le pouvoir avec les représentants légitimes des populations d’Île-de-France”. “Nous avons besoin que le président du conseil de surveillance soit indépendant de l’État”, a par ailleurs déclaré à l’AFP Pierre Bédier, président LR du conseil départemental des Yvelines, considérant que “l’État s’arrange pour avoir un élu qui favorise l’opacité du système”.

Selon lui en effet, cette nomination permettrait d’éviter un audit qu’il estime nécessaire “pour chercher les causes de l’immense dérapage” du budget du Grand Paris Express (GPE), initialement de 20 milliards d’euros, et qui s’est vu réévalué à 35 milliards en 2017.

De son côté, le nouveau président du conseil de surveillance s’est défendu auprès de l’AFP. “Toutes les actions que je mène avec l’ensemble des représentants de l’État, je les ai faites dans le même état d’esprit de défendre l’intérêt des territoires sans m’empêcher de prendre des positions critiques vis-à-vis de l’État”", a-t-il ainsi réagi, en indiquant que la question de l’audit avait été reportée “à un conseil de surveillance ultérieur”.

Âgé de 67 ans, Patrick Braouezec est vice-président de la Métropole du Grand Paris et président de l’EPT Plaine Commune depuis 2016. Cet ancien instituteur a également été maire PCF de Saint-Denis, en Seine-Saint-Denis, de 1991 à 2004, et député GDR du même département entre 1993 et 2012.

Avec AFP

* L’Établissement public territorial (EPT) Plaine Commune est une structure intercommunale française, située dans le département de la Seine-Saint-Denis et créée en 2016 dans le cadre de la naissance de la Métropole du Grand Paris.

Qu’est-ce que le conseil de surveillance de la Société du Grand Paris ?

Composé de 11 représentants de l’État et de 10 représentants des collectivités locales, le conseil de surveillance de la Société du Grand Paris (SGP) a pour mission de veiller “à la bonne gestion de la Société du Grand Paris”, indique la SGP sur son site Internet. Dans ce cadre, ses membres “valident les orientations générales de la politique de l’entreprise, contrôlent ses comptes financiers, ainsi que les opérations d’aménagement et de construction qu’elle conduit”.