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Le Parlement européen ouvre la voie à des sanctions contre la Hongrie

12 sept. 2018, PAR Acteurs Publics
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Le Premier ministre hongrois, Viktor Orban, le 11 septembre 2018 devant le Parlement européen, à Strasbourg - Jean-Francois Badias/AP/SIPA

Les eurodéputés ont dénoncé par leur vote, mercredi 12 septembre, la menace “systémique” visant les valeurs de l’Union européenne en Hongrie, et a activé une rare procédure qui pourrait conduire à des sanctions sans précédent contre Budapest.


C’est la première fois que le Parlement européen use de son droit d’initiative pour demander au Conseil, c’est-à-dire aux États membres, de se prononcer sur la situation de l’État de droit d’un pays membre. Mercredi 12 septembre, les eurodéputés ont voté le lancement d’une longue procédure dont l’issue est incertaine, mais qui peut en théorie mener à des sanctions à l’encontre de la Hongrie.

La résolution votée par le Parlement “invite le Conseil à constater s’il existe un risque clair de violation grave, par la Hongrie, des valeurs visées à l’article 2 du traité UE et à adresser à la Hongrie des recommandations appropriées à cet égard”.

Le débat précédant le vote a donné lieu à un âpre face-à-face entre le Premier ministre hongrois, Viktor Orban, venu défendre “l’honneur” de son pays, et les parlementaires. Viktor Orban n’a pas cherché à convaincre son auditoire, dont il estimait que l’opinion était “déjà faite”. Combattif et véhément, il a dénoncé une “vengeance” de ses opposants et martelé qu’il ne céderait à aucun “chantage”.

Précédent de la Pologne

La procédure de l’article 7 est rarissime dans l’histoire de l’Union européenne. Néanmoins, c’est la deuxième fois en un an qu’elle est déclenchée. Fin décembre, la Commission avait initié la même procédure contre la Pologne. Elle en est pour l’instant à un stade préliminaire, après l’audition de Varsovie sur ses réformes controversée fin juin par le Conseil des ministres des Affaires européennes.

Le vote de l’hémicycle de Strasbourg s’annonçait serré étant donné les règles strictes auquel il était soumis : outre la simple majorité des voix (376), la résolution devait recueillir au moins les deux tiers des suffrages exprimés. Elle est finalement passée avec 448 votes pour et 197 contre (et 48 abstentions).

Soutenue par les sociaux-démocrates, les libéraux, les Verts et la gauche radicale, mais dénoncée par les groupes souverainistes qui siègent au Parlement, le sort de la résolution dépendait surtout du vote du Parti populaire européen (PPE). La principale formation politique dans l’Hémicycle accueille en effet en son sein le Fidesz de Viktor Orban. Incapable de s’accorder en interne, la formation de droite n’avait pas donné de consigne de vote. Mais son chef, l’Allemand Manfred Weber, avait annoncé son intention de voter personnellement en faveur de la résolution.

(avec AFP)