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Emmanuel Macron veut un service public de l’insertion et un revenu universel d’activité

13 sept. 2018, PAR Acteurs Publics
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Michel Euler/AP/SIPA

L’État s’engagera aux côtés “des départements, des métropoles” pour mieux accompagner les personnes les plus éloignées de l’emploi, notamment les bénéficiaires du RSA, a promis le chef de l’État ce 13 septembre.


Le discours était très attendu. Emmanuel Macron a lancé, jeudi 13 septembre, une “stratégie” de lutte contre la pauvreté, promettant la création d’un “service public de l’insertion” et la préparation d’un “revenu universel d’activité” qui fusionnerait les prestations sociales.

“Ce n’est pas un « plan charité » car il ne s’agit pas de permettre de vivre un tout petit peu mieux dans la pauvreté, il s’agit de sortir de la pauvreté”, a déclaré le chef de l’État lors d’un discours de plus d’une heure au musée de l’Homme, disant vouloir éviter que celle-ci “se transmette de génération en génération”. “Si je suis ici devant vous, c’est pour essayer de lancer un combat neuf, indispensable, vital pour notre pays, celui de décider résolument de ne plus oublier personne”, a-t-il fait valoir d’emblée, appelant “les premiers de cordée” à ne pas oublier “les derniers”.

Le Président a annoncé “une loi en 2020” pour créer “un revenu universel d’activité qui fusionne le plus grand nombre possible de prestations, et dont l’État sera entièrement responsable”, précisant que ce revenu serait soumis à “des droits et des devoirs supplémentaires”. En contrepartie d’un “droit à être aidé et accompagné (…), nous veillerons à ce que les devoirs soient respectés” par les bénéficiaires, a souligné Emmanuel Macron. “Je n’ai jamais cru à un revenu universel sans condition”, a-t-il ajouté en allusion à la mesure phare portée par le candidat socialiste à la dernière présidentielle, Benoît Hamon.

Pour le chef de l’État, le “maquis des minima sociaux” actuels “n’est pas compatible avec un système fondé sur l’accompagnement et la reprise d’activité”. Il faut, a-t-il dit, créer “un service public de l’insertion”. Cela impliquera que l’État s’engage aux côtés “des départements, des métropoles” pour mieux accompagner les personnes les plus éloignées de l’emploi, notamment les bénéficiaires du revenu de solidarité active (RSA).

Système inégal territorialement

“C’est le seul moyen de garantir l’universalité des droits” alors que le système est “aujourd’hui trop éclaté”, “inégal territorialement”, a détaillé le chef de l’État, souhaitant qu’à partir du 1er janvier, “chaque personne” qui s’inscrit au RSA “puisse avoir un rendez-vous dans le mois”, dans “un lieu unique”, pour bénéficier d’un accompagnement.

Outre ce pilier “insertion”, Emmanuel Macron a présenté un autre ensemble de mesures, destinées à prévenir la pauvreté dès le plus jeune âge. En plus du développement de l’accès à des modes de garde pour les tout-petits issus de familles défavorisées, il a souhaité un “accès à la cantine plus universel” avec “des repas à 1 euro” et des petits déjeuners gratuits proposés dans les écoles des réseaux prioritaires.

“L’alimentation est un droit fondamental des enfants qui peine à être garanti”, a déclaré le chef de l’État. Pour les jeunes suivis par l’aide sociale à l’enfance (ASE), il a dit vouloir “créer une obligation”, en “contractualisant” avec les départements, pour trouver un logement, une formation, un emploi, aux jeunes qui n’ont “pas de solution” à leur sortie du dispositif, à 18 ans.

Avec AFP